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Sujet: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Ven 23 Déc - 9:33
Une semaine. Une foutue semaine que O'Ryan et lui étaient derrière Wilburn et que cette harpie ne laissait rien échapper. François en était rendu à se demander s'ils n'avaient pas eu tort en la prenant comme cible.
C'était sa première mission « réelle » pour sa faction. C'était grâce à Misha s'il était ici. Enfin, grâce. Ça sonnait presque comme s'il devait le remercier, alors qu'il n'avait pas du tout envie de le faire, dans le moment actuel. Il l'avait convaincu de s'impliquer plus intensément dans leur faction, lui confiant que ces temps-ci, les missions d'investigation pleuvaient. Tout à fait son truc, donc, en tant que détective et ancien policier. Il avait donc accepté et s'était fait donner une mission avec Murphy O'Ryan, qu'il avait déjà vaguement croisé au Ministère sans jamais lui parler. Il n'était pas réputé pour être très bavard, de toute façon, et les rumeurs sur sa folie douce allaient vite, entre les murs de son ancien lieu de travail... ... mais nous ne sommes pas là pour faire la genèse du comment du pourquoi de qui, mais bien pour agir. Mais il en se passait rien.
François passa sa main, distraitement, sur les cicatrices qui défiguraient son visage, fronçant les sourcils. Ils devaient filer Edith Wilburn, la directrice d'Azkaban (ô doux souvenirs), pour voir si, par pur hasard, Wilhelmina ne serait pas retenue entre les murs de la prison sorcière. Avec humour, quelqu'un au QG des modérés avait proposé que François retourne y faire un petit tour pour vérifier de ses propres yeux, mais étrangement, personne n'avait fait suite à cette blague de potiche... Donc, ils filaient Wilburn, mais celle-ci étant toujours entourée de quatre policiers, c'était plutôt compliqué de l'aborder comme si de rien était. Et oui, il avait bien tenté d'infiltrer sa maison en pleine nuit, mais elle avait jeté des sorts un peu trop noirs pour sa vertueuse personne. Il leur restait donc une seule option : la suivre dans la rue. Génial. Merveilleux. Passionnant. Le détective laissa retomber sa main le long de son corps, ses doigts se crispant sur sa baguette dans sa poche. O'Ryan et lui étaient appuyés contre un mur et s'avançaient en suivant la dame, qui faisait, du, euh, du lèche-vitrine ? Oui, voilà. Du lèche-vitrine. Avec quatre policiers qui grognaient comme des chiens devant les sorciers trop curieux qui se retournaient sur la personne de la directrice d'Azkaban. François sortit un calepin de la poche de son manteau léger, jetant un coup d'oeil rapide aux informations écrites dessus, de son écriture nerveuse. Aucune fréquentation amicale pour Wilburn.
« Elle est toujours seule, on ne peut même pas compter sur quelqu'un pour venir lui parler. De toute façon, Ellis est aussi sympathique qu'une dragonne rangée, alors moi-même je ne m'approcherais pas. Un court silence. As-tu des nouvelles de la filature d'hier ? »
Un commentaire placide et une question, ses yeux clairs tombant sur son compagnon de mission. Un autre duo était sur son cas, avec aussi peu de succès apparemment. Un sourire. Aujourd'hui était une bonne journée. Sa tête était tranquille et les voix que des murmures. Tout allait bien aller.
Dernière édition par François Loiseau le Mar 27 Déc - 3:22, édité 1 fois
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Sujet: Re: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Lun 26 Déc - 10:36
Une semaine. Une semaine qu'ils suivaient la directrice d'Azkaban. Qu'est-ce qui lui avait prit de s'impliquer comme ça? Une semaine qu'il se posait la question, pour tout dire. Une pulsion au départ, rien de plus. L'envie de faire un peu avancer les choses peut être. Il faut dire que l'ambiance à son boulot devenait de plus en plus lourde. Il ne fallait certainement pas compter sur l'Ordre pour changer quoi que ce soit à cela. Ils ne pouvaient renverser les Ombres et leur tyrannie. Et Caïus.... N'en parlons même pas. Non, la seule personne qui avait réellement une chance de faire revenir les choses à la normal, c'était la véritable chef légitime du parti des Modérés : Wilhelmina. Elle seule avait la carrure pour faire changer les choses. Enfin, les faire revenir à la normale. Bien sûr, quelque part, Murphy aurait peut être préféré que les choses changent vraiment, tout au fond de lui. Un monde où il n'aurait plus à se cacher sans cesse de peur qu'on découvre le secret de ses origines aurait peut être été bien plus reposant. Mais Murphy n'avait absolument rien d'un utopiste, il était même tout le contraire. Alors si juste il pouvait retrouver l'ambiance d'avant, celle qu'il avait toujours connu, où tout était juste... Normal. Pas parfait. Murphy voulait juste d'un monde normal, voilà... Donc, il avait décidé de s'impliquer un peu. D'apporter pas forcément une pierre à l'édifice, il n'était pas si présomptueux, mais au moins d'arriver à dégager quelques gravats...
Enfin Bref. Cette soudaine pulsion l'avait amené à accepter une mission qui pouvait très bien se révéler au final être extrêmement néfaste pour lui. La directrice d'Azkaban! Une parole d'elle, et il savait qu'il pouvait très bien disparaître de la circulation. Il tentait de se consoler parfois, et de calmer l'angoisse qui lui étreignait l'estomac, en se disant qu'au moins ça occupait son temps libre et brisait la monotonie de sa morne vie d'employé de bureau. Mais elle était pas si mal, au fond, cette monotonie!
Appuyé nonchalamment contre un mur du Chemin de Traverse, au côté de son acolyte désigné d'office, Murphy ruminait ces sombres pensées, le visage enfouie dans une écharpe noire. Aucun traits de son visage ne trahissait cette angoisse latente, ni aucun autre sentiment. Son expression était parfaitement travaillée pour être simplement celle d'un passant blasé par le monde, énervé par le froid, et qui n'avait qu'une envie, celle de rentrer chez lui, mais qui était prit par des obligations. Quelque part, c'était d'ailleurs un peu de chaque sentiment qu'il ressentait, d'ailleurs. Murphy se permit un bref regard à Loiseau quand celui-ci lui adressa la parole, avant de se permettre un regard en coin vers leur cible. Cette mission n'en finissait pas -enfin, tant qu'elle ne finissait pas mal...-.
"Calme plat. A croire qu'elle n'a rien à se reprocher."
Juste lâché entre ses dents. A moins d'avoir placé un micro magique sur lui, ce qui était quand même fort improbable, personne n'avait pu entendre ce que Murphy venait de dire, hormis son complice temporaires. Il faut dire qu'il n'était guère dans leur intérêt d'attirer l'attention, surtout des quatre chiens de gardes qui ne quittaient pas d'une semelle la nouvelle directrice de la célèbre prison magique. Quatre chiens de gardes qui ne leur facilitait pas vraiment la tâche d'ailleurs. Murphy remonta un peu plus son écharpe sous un courant d'air particulièrement glaciale. Et aussi parce qu'il venait de sentir un regard sur lui qu'il n'aimait pas vraiment. Un peu comme si leur manège commençait à ne plus vraiment passé inaperçue....
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Sujet: Re: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Mer 28 Déc - 7:31
Rien du tout ? Ça en devenait agaçant. Loiseau hocha la tête à la réponse de son compère, renfonçant ses mains dans les poches de son manteau, rangeant le calepin au fond d'une d'elles. Rien à se procher ? Impossible. On ne pouvait pas être directrice d'une prison et ne rien avoir à se reprocher, même si la logique voulait que oui. Sans doute qu'elle était dans les grâces de Kark, pour ne pas avoir bougé de son poste pendant quatre ans, surtout avec les renvois automnaux. Il observa la visage de son compagnon, comme pour y chercher une réponse. Il ne connaissait pas bien O'Ryan, si peu en fait, si superficiellement, donc il ne pouvait décemment rien tirer de ses expresisons faciales parfaitement maîtrisées. Cela tout, tout comme lui, il sentit le regard sur sa nuque... Il tourna la tête rapidement vers la directrice. Non, personne ne les regardait. Juste de la paranoïa, comme toujours. Il devai se calmer. Il s'était dit qu'aujourd'hui serait une bonne journée. Ses yeux clairs se baissèrent sur le sol pavé du Chemin de Traverse. La filature n'avait jamais été son travail préféré. C'était long. Et lorsque c'était infructueux, ce l'était d'autant plus. De plus, aujourd'hui, il faisait froid. Un frisson passa sur la nuque de l'homme, qui remonta le col de son manteau (noir, même s'il n'affectionnait pas cette couleur), qui revint à la directrice d'Azkaban. Celle-ci venait de s'arrêter devant la vitrine d'une marchande de thés sorciers et s'extasiait, à voix très haute, sur les différentes théières présentées dans la vitrine. Consternant. Elle partit un peu plus loin, forçant les deux hommes à la suivre pour ne pas la perdre de vue. Elle marchait rapidement, en plus... tout pour leur faciliter la tâche.
« J'espère qu'elle ne retourne pas tout de suite chez elle... »
À peine un murmure entre ses lèvres. La maison de Wilburn était une forteresse. Faites qu'elle se prenne de passion pour d'autres théières ou décide d'aller s'acheter un Kneazle.
Deux enfants, calvacadant l'un derrière l'autre en poussant des cris de joie, passèrent près de la directrice et la bousculèrent, faisant tomber ses paquets et se retourner un des policiers vers eux, puisqu'ils étaient partis dans leur direction et les frôlèrent même, propulsant le détective un peu plus proche de O'Ryan. François s'immobilisa net en croisant le regard du policier, sa main aggrippant la manche de son compagnon, par réflexe. Il ne fallait pas que personne bouge, parce que peu importe qui avait bien pu les voir dans les quatre gardes du corps de la femme, s'ils faisaient mine de partir comme des brigands, ça semblera encore plus louche que ce que c'est actuellement. Ça, ils ne pouvaient pas se le permettre.
Dé #1:
Oui : Chanceux ! C'est la douce Kalinka Merill qui vous voit et se contente de vous saluer, reconnaissant François, qui lui rend un maladroit salut. Vous pouvez retenir votre souffle, votre couverture n'est pas encore grillée. Pas totalement.
Non : Meilleure chance la prochaine fois... C'est Ellis, le plus belliqueux des quatre policiers, qui s'est retourné et vous a vu. Et celui-là ne lâchera pas l'affaire. Déjà il laisse ses compagnons et s'approche de vous, la main sur la baguette et l'autre sur sa matraque. Et à voir son expression, il ne vient pas pour vous conter fleurette. Préparez vos arguments, les mecs.
Un sourire figé monta sur les lèvres de François, ressemblant bien plus à un rictus de gargouille qu'à un véritable sourire. La journée s'annonçait finalement peu joyeuse.
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Sujet: Re: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Mar 3 Jan - 10:41
Murphy aurait volontiers pester sur ces enfants qui ne respectaient rien et qui venait de les bousculer, sur leurs parents qui ne devaient pas beaucoup les surveiller pour les laisser ainsi en liberté, et surtout sur Loiseau qui avait non seulement faillit le faire trébucher, mais qui surtout pouvait les faire repérer à tout instant. Loiseau avait fait parti de la police magique, Murphy le savait. S'il n'avait jamais prêté attention à lui auparavant, il avait tenté de récolter quelques informations dès qu'il avait su qu'ils devaient faire équipes ensembles, en plus de ce que Loiseau lui-même avait pu lui dire. L'idée de mener une telle enquête avec lui lui avait alors paru être une bonne idée, Loiseau connaissait les méthodes à employer, les choses à ne pas faire. Mais Murphy avait omit, consciemment sans aucun doute, un détail qui avait plus que son importance : si Loiseau connaissait leurs méthodes, eux connaissaient Loiseau. Et ils connaissaient sans doute les raisons de son éviction du Ministère...
Murphy ne pouvait pas vraiment le manquer, surtout avec le petit sourire que lui adressait la jeune femme affectée à la protection de la responsable d'Azkaban. Ce genre de sourire qui montre bien qu'elle l'a reconnue, que quelque part, elle est sans doute contente de le revoir. Ce genre de sourire qui peut attirer l'attention de ses collègues, qui pourront à leur tour reconnaître Loiseau. Et être peut être un peu plus futés qu'elle, plus paranoïaques peut être, et se rendre compte que la présence des deux complices d'infortune n'a peut être rien de fortuite. Le climat de paranoïa ambiant et celle que semble développer Murphy à vitesse grand V ne l'aide certainement pas à ne pas imaginer tout ce qui pourrait passer en cet instant par la tête des chargés de protection, qui ne leur ont pourtant pour le moment pas prêter la moindre attention, tout concentré qu'ils sont à vérifier que les deux enfants ne sont pas en réalités de dangereux terroristes.
Murrphy sait que dans quelques secondes, c'est eux qui seront les cibles des regards inquisiteurs des trois cerbères. Alors Murphy se dégage d'un geste un peu sec, espérant silencieusement que Loiseau ne mette pas tout par terre en ne comprenant pas où il veut en venir.
"Vous ne pouvez donc pas faire attention?!"
La voix de Murphy claque dans l'air alors qu'il s'éloigne, une moue renfrognée et dégoûtée plaquée sur son visage toujours à moitié dissimulé derrière son écharpe. Il fait quelques pas, ayant prit soin de maîtriser sa voix pour qu'elle ne fasse pas surjoué. Il sait que la situation dans laquelle il se trouve est délicate, et que ce qu'il tente de faire l'est encore plus. Mais ça peut marcher...
"Vous n'avez rien? Les enfants, de nos jours..."
Sans en avoir l'air, Murphy s'est rapproché de leur cible. Le meilleur moyen de passer inaperçue, c'est encore d'y aller directement. De faire ce que ferait n'importe qui, surtout un sang-pur avéré, dans une telle situation. S'occuper des gens important et mépriser le reste avec panache. Une chose que Murphy peut faire à merveille, fort heureusement.
Dé :
Oui : Ca marche, Murphy n'éveille pas vraiment les soupçons pour l'instant, il paraît juste être un passant là au mauvais moment et juste prêt à aider.
Non : Attention, les trois policiers vous observent d'un peu plus prêt, et toute leur attention et leur méfiance semble cette fois se diriger sur vous. Un retrait stratégique pourrait être une solution.
Murphy a une légère grimace quand l'un des hommes, Ellis, s'il se souvient bien, fait un pas en avant comme pour l'empêcher de passer. Murphy fronce les sourcils, alors qu'il se trouve face à un regard scrutateur et très peu aimable. Il en perd même une seconde contenance, le temps de reprendre assez contenance pour rendre ce regard au manant qui ose se mettre en travers de son chemin. Il hésite même à insister, à jouer ce rôle là jusqu'au bout, et à envoyer paître l'importun. Mais au dernier moment, quelque chose le retient. Si les policiers le reconnaissent, ils pourront facilement savoir que ce n'est pas ses traits de caractères ni dans sa réputations. Mieux vaut sans doute rebrousser chemin... Mais la prudence a quelque chose d'extrêmement frustrant dans cette situation, elle leur ferait sans doute perdre tout le bénéfice de plusieurs jours de filatures. Ian aurait sans doute rapidement trouvé une pirouette par laquelle s'en sortir, s'il avait été là. Mais Murphy n'a sous la main que Loiseau, et cette journée commence à lui déplaire au plus haut point.
Dernière édition par Murphy O'ryan le Mar 3 Jan - 10:46, édité 1 fois
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Sujet: Re: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Mer 11 Jan - 20:39
Ils avaient eu de la chance, ce n'était que Merill qui s'était retournée pour le saluer, salut qu'il avait rendu timidement, son rictus de gargouille toujours figé sur son visage pâle. Peut-être parce qu'il savait, à quelque part au fond de lui, que son camarade du jour et lui étaient carrément grillés et que ce n'était qu'une question de temps avant que leurs têtes roulent sur les pavés. Oui, elle ne viendrait pas les voir pour leur arracher la tête comme à de vulgaires manants, mais c'était un prémisce à ce que quelqu'un d'autre de la garde rapprochée de la femme se retourne et les voit, plantés comme deux beaux imbéciles au milieu du Chemin de Traverse.
« Vous ne pouvez donc pas faire attention ?! »
Surpris, François regarda O'Ryan s'écarter de lui, mais il comprit à peu près son jeu et fronça les sourcils, l'air faussement courroucé, avant de s'éloigner lui-même de son côté, se camouflant un peu plus de la vue des policiers. Faire comme si de rien était. Arrêter de façon aussi nette en plein milieu de la rue n'avait pas été une bonne idée (quoique toujours meilleure que de tenter de fuir comme si de rien était) et que O'Ryan fasse diversion en était une. Il le laissa donc s'avancer vers Wilburn, tentant de faire comme si de rien était. De jouer à... à quoi ? Au parfait sang-pur envers une sorcière basique, même si elle était directrice d'Azkaban ? Plutôt drôle, comme idée, mais elle se valait amplement. Malheureusement ça ne sembla pas faire mouche du tout... L'homme vit Ellis faire un pas en avant, plus méfiant que jamais. Il n'avait jamais pu supporter cet homme, qui s'emportait pour rien du tout et demandait quelqu'un pour le surveiller constamment, au risque sinon qu'il insulte n'importe qui. Celui-ci injectiva avec force O'Ryan, ne se souciant pas du lieu public et d'un quelconque niveau de politesse envers un homme au sang plus pur que le sien et au rang plus élevé que le sien également, s'adressant de façon aussi naturelle à lui que comme il le ferait avec un Croup ou un Scroutt-à-pétard :
« Qu'est-ce que tu veux ? O'Ryan, c'est ça ? - Ellis, respire un coup, il a seulement demandé si elle allait bien, gronda Cooper, un policier que les deux compères savaient être de leur faction. Oui, madame Wilburn va bien, merci de vous inquiéter. »
Dommage que pendant tout ce discours, François avait clairement vu les yeux de fouine d'Ellis se tourner vers lui et le dévisager sans gêne, ouvrant un peu la bouche, comme s'il le voyait pour la première fois depuis des mois (oui, c'était un peu le cas, il fallait le préciser). La directrice de la prison fit un signe de la main à ses policiers, comme pour les enjoindre à se taire, et se tourna vers Murphy :
Dé #1:
Oui : « Il n'y a aucun problème, mais vous feriez mieux de retourner à vos affaires et de laisser les gens importants tranquille, monsieur O'Ryan. » Pétasse supérieure, d'accord, mais pétasse peu méfiante, au moins. Un dialogue posé et poli est envisageable, malgré les regards rageurs et soupçonneux des policiers autour d'elle.
Non : « J'espère que vous avez une bonne raison pour oser me p - - Loiseau, tu te caches, ou quoi ? » Grillés par Ellis, qui vient de hurler de nom de son ancien camarade dans tout le Chemin de Traverse. Faussement surpris, Loiseau fait mine de se rendre compte que ses anciens collègues sont là et s'avance vers eux, les mains tremblantes dans les poches de son par-dessus. Ça sent le souffre.
Il l'avait prévu. Il s'avança donc, après un faux mouvement de surprise, vers ses anciens camarades, saluant brièvement O'Ryan avant de s'adresser à Ellis, qui s'était éloigné du groupe pour le tenir à part et le séparer du sang pur, comme s'il soupçonnait leur manigance. Il se retint d'ailleurs d'échanger un regard avec O'Ryan. Trop louche. Au moins, si Ellis était occupé à se demander ce qu'il faisait à se promener sur le Chemin de Traverse innocemment, il ne pensait donc plus à Wilburn. Maintenant, suffisait de garder cette attention pour lui.
« Madame Wilburn, Monsieur O'Ryan. Et non, je ne me cache pas, je cherchais un cadeau pour la fête de Clara. Peut-être as-tu une petite idée pour moi, Ellis ? »
Plus cuits que des carottes vapeur.
Dernière édition par François Loiseau le Mer 11 Jan - 20:43, édité 1 fois
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Sujet: Re: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Mer 18 Jan - 9:03
Retraite stratégique. Et si possible, immédiate. Ça commençait à vraiment trop sentir le roussit, ici, et il était hors de question qu'il y laisse des plumes. Ils auraient l'air malin à se faire griller maintenant, interroger, et il ne voulait surtout pas quoi savoir d'autre, et le tout sans avoir obtenu une seule information! Non, il fallait juste qu'ils réussissent à se sortir de cette mauvaise passe. Chacun de leurs côtés, et ils se retrouveraient plus tard. Et ils mettraient un autre plan au point. Déjà, quelques idées commençaient à germer dans l'esprit de Murphy, après cette brève approche des différends chiens de garde de Madame la directrice. C'était une chose d'avoir eu les rapports et l'avis de Loiseau sur le sujet, c'en était une autre de les voir directement à l'œuvre. Il avait désormais une meilleure vision de l'ensemble, et il était certain de pouvoir retourner cela à leur avantage.
Mais il peaufinerait ce tout nouveau plan plus tard. Pour le moment, il y avait bien plus urgent. Comme disparaître de la vue des policiers, et surtout de ce Ellis qui semblait prêt à leur sauter à la gorge. D'un geste toujours parfaitement calculé, Murphy remit en place sa cape, son écharpe, son bonnet, comme si les paroles agressives ne lui était pas le moins du monde destiné. Après tout, qu'est-ce que ce petit sang-basique pouvait bien avoir à lui reprocher? Et Murphy savait qu'il ne devait surtout pas lui répondre. Il n'avait jamais eu la réputation de quelqu'un d'impulsif ou de colérique : en faire une démonstration maintenant serait prendre le risque qu'en deux ou trois renseignements seulement, un policier un peu plus futé que les autres se rendent compte du rôle qu'il jouait.
Pas même un regard pour Loiseau quand celui-ci évoqua son nom. Pourtant, les entrailles de Murphy venaient de se tordre joyeusement. Mais ça, c'était vraiment la meilleure façon pour griller le fait qu'ils se connaissaient potentiellement. Enfin, après tout, même le policier le plus ardu pourrait penser qu'en temps qu'ancien membre du Ministère, et en tant que détective, Loiseau devait connaître les personnes au moins de nom pas mal de ses anciens collègues. Après tout, le petit nerveux avait bien lui-même trouvé le nom de Murphy sans que personne n'ait à le lui souffler.
Mais cette angoisse latente provoquée par les mots de Loiseau avait empêchée Murphy de réagir aussi rapidement qu'il ne l'aurait voulu. Il finit néanmoins par reprendre contenance, adressant un signe de tête à la directrice, un plus vague encore au policier qui venait plus ou moins de prendre sa défense, le seul en tout cas à lui avoir répondu avec un minimum de correction.
"Si vous n'avez rien, alors... Madame."
Juste un salut, et Murphy, déjà, s'éloignait. Il marchait peut être légèrement trop vite, mais il aurait très bien pu prétexter que cette petite parenthèse l'avait simplement mit en retard. Croisant le regard implacable de la directrice, Murphy eut simplement droit à un "Monsieur" qui aurait tout aussi bien pu s'adresser à un meuble tant le ton était indifférent. Une méthode d'approche était vraiment à exclure. Murphy repéra sans peine la petite boutique d'apothicaire qu'il connaissait si bien et vers laquelle il prit de se diriger pour ne pas paraître suspect. Il ne s'agissait pas ici simplement de s'éloigner, mais de tout faire pour que si le petit groupe le recroiser, ce soit cette fois totalement par hasard.
Dé :
Spoiler:
Oui : C'est bon, Murphy peut partir, il ne paraît pas si suspect pour le moment, après tout, il n'a rien fait. Mais certains d'entre eux garderont sans doute en mémoire son visage, attention donc. Non : Décidément, Ellis fait du zèle, et décide de le garder un peu plus longtemps. S'il l'avait pu, il aurait sans doute arrêter les enfants qui courraient.
Alors qu'il s'éloigne, Murphy a juste le temps d'entendre un bruit de langue de la directrice, un signe d'impatience. Visiblement, elle ne compte pas passer son après midi ici, autour d'un ancien flic destitué de ses fonctions. Et sans doute trop insignifiant pour elle pour être vraiment dangereux. Du moins, Muprhy l'espère... Mais il n'a pas le temps de voir la suite, d'entendre quoi que ce soit. Déjà, il est trop loin. Il recontactera Loiseau dès que possible, pour voir ce qu'ils peuvent faire de cela. Et pour lui exposer sa nouvelle idée qui se montrera, il l'espère en tout cas, plus fructueuse que celle là.
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Sujet: Re: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Sam 18 Fév - 19:06
Le regard d'Ellis te frappe, te juge, et tu sais qu'il sait que tu mens. Il sait tout aussi bien que toi que l'anniversaire de Clara n'est pas maintenant. Un regard aux autres policiers, qui en bougent pas, ainsi qu'à la directrice, qui semble profondément ennuyée de cette interruption dans ses journalières activités proprement inintéressantes. Tu vois ton camarade s'éloigner, après une salutation à la dame, mais tu n'as pas le temps d'échanger un regard avec lui. Ellis t'attrape par le bras et t'éloigne des autres policiers, ainsi que de Wilburn, surtout de Wilburn en fait, et te parle à une distance d'au moins trois millimètres de ton visage. En tous cas, si tu avais oublié l'odeur de l'haleine d'Ellis, là, tu peux t'en rappeler à ta guise.
« Prends-moi pas pour un troll, Loiseau. Tu dégages d'ici et que je te vois pas traîner à nouveau autour de Wilburn, c'est bien compris ? »
Tu ne réponds rien et te dégages simplement de l'emprise d'Ellis, qui va retrouver ses collègues de sa démarche quasi ridicule de canard boiteux, souvenir d'une intervention qui a mal tourné. O'Ryan a disparu, tu ne sais pas où, mais tout ce que tu sais, c'est que vous êtes au point de foirer votre mission. Cooper se retourne une dernière fois pour hausser les épaules en ta direction. Il sait que vous êtes sur une mission, toi et O'Ryan, mais il ne peut rien faire actuellement. Pas dans l'exercice de ses fonctions. Tu t'éloignes donc du groupe et pars vers une boutique de balais, tu ne voles pas sur un balai inutile de le dire, et attends qu'ils soient tous partis. Ton corps est tendu comme un arc. Vous avez échoué... ou pas encore totalement. Pour le moment, il faut surtout que tu retrouves O'Ryan, que tu as vu partir vers la boutique d'apothicaire. Tu vas donc vers celle-ci, les mains dans tes poches toujours, et tu t'appuies contre la vitrine en attendant que le sorcier revienne vers toi. Lorsque tu le vois, tu dis à voix basse :
« Cooper est de notre côté, si ça tourne encore plus mal. À toi de trancher : on change tout ça en mission suicide, ou on abandonne. Un silence. Et je suis pas trop pour l'abandon, je t'avoue. »
C'était clair. Tes yeux clairs évitent le contact avec ceux de O'Ryan. Et soudain, tu as une petite idée. Toute petite. Tu te tournes vers l'apothicaire. Des potions. En trouver ici ? Peut-être... peut-être que quelque chose d'intéressant pourrait être possible. Mais de là à trouver quelque chose pour que le chat entre dans la cage aux lutins sans que rien n'y paraisse... il allait vraiment falloir que cette mission devienne du suicide pur et dur. Genre de truc qui lui plaisait, somme toute.
Dernière édition par François Loiseau le Mer 22 Fév - 16:31, édité 1 fois
Faites place à Murphy O'Ryan
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Sujet: Re: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Mer 22 Fév - 11:56
Murphy se baisse un instant pour remettre sa cape en place en voyant la silhouette qui l'attend devant le magasin. Une attitude la plus naturelle possible. Ils s'étaient déjà bien assez fait repéré comme ça. Un coup d’œil alentour, alors qu'il écoute son compère ; plus aucune trace de l'escorte Azakabanesque dans le coin. Ils avaient dû rentrer dans une boutique, sans doute, où s'être éloignés assez pour n'être plus un danger. Bref, Murphy pouvait donc se redresser et, même s'il restait sur ses gardes, parler à Loiseau sans paraître trop louche.
"Le suicide, c'est pas mon truc. Mais obtenir les infos au nez à la barbe de ses cerbères, ça me va."
Le ton était froid à en faire peur. Il avait détesté la façon dont on les avait traité. Et surtout, il avait détesté la peur qu'il avait ressentit. Il ne pouvait pas se permettre d'attirer plus les soupçons maintenant. Il ne pouvait pas se permettre de perdre son boulot, la seule chose de stable dans sa vie. La seule chose de tangible aussi. Alors il était hors de question qu'il sacrifie cela. L'abandon n'était il pas alors la meilleure des solutions?...
Non. Parce qu'il y avait ce petit quelque chose tout au fond de lui. Ce petit quelque chose qui naissait lors des expéditions hors du dortoir la nuit, du temps de sa scolarité, et qu'il n'avait plus ressentit depuis. Un petit quelque chose qui le poussait à continuer, à rendre des risques, à se faufiler tel un serpent entre les obstacles pour atteindre son but. Ooooh que ça lui avait manqué... Tellement qu'un sourire aurait pu naître sur ses lèvres si la situation n'était pas encore aussi périlleuse.
D'un coup d'oeil, Murphy suit le regard de son coéquipier de fortune vers la boutique d'où il sort. Là dedans, ils ne trouveront rien de très intéressant. Et puis il était bien trop simple d'obtenir des informations dans ce genre de boutique, si quelqu'un s'occupait de trop près de leurs histoires... Non, pas ici. Mais Murphy avait déjà sa petite idée sur la suite des opérations...
"On bouge."
A rester ici, ils allaient se faire repérer. Un signe de tête, et Murphy s'éloigne déjà de la boutique. Ils doivent se mettre d'accord, et vite, s'ils ne voulaient pas y passer encore des années. Non, s'ils voulaient se montrer efficace, cette fois, il fallait directement se rendre dans des boutiques peu regardantes. Et peu importe si pour arriver à leurs fins ils devaient utiliser des moyens peu recommandables. La mission qu'ils avaient étés de la plus haute importance, après tout...
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Sujet: Re: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Mer 22 Fév - 16:51
O'Ryan semble partagé entre l'envie de partir et d'avorter cette mission qui devient de plus en plus catastrophique, et le désir de continuer et de voir si vous pouvez réussir d'une façon où d'une autre. Abandonner serait simple, il est vrai, mais tu pries intérieurement pour qu'il soit de ton côté et désire continuer. L'excitation de la filature, les plans foireux qui marchent parfois, l'adrénaline qui te permet de rester vivant, le sang qui bat à vos tempes et vous rappelle que ce que vous faites est dangereux. Tes ongles rongés s'enfoncent dans les paumes de tes mains tandis qu'au loin, dans ton esprit, un murmure de futur se fait entendre. Juste un murmure, encore, rien de plus, juste un chuchotement. Pas encore assez fort pour te déconcentrer. Tes yeux passent du vide à Murphy, qui est encore perdu dans ses pensées. En même temps de vouloir continuer cette mission, tu comprends ses réticences et si tu étais télépathe au lieu de voyant, tu pourrais lui dire que perdre son emploi n'est pas si effrayant. Faux. Son ton est froid, glacial même, mais il acquiesce à ta proposition de continuer à enquêter. Parfait, ça, ça te plaît. Tu ne le regardes pas dans les yeux, tu surveilles plutôt le Chemin de Traverse, en apparence décontracté, mais en réalité plus tendu qu'un arc. Les passants vous regardent sans réellement vous voir, glissent leurs yeux sur vous comme si de rien était. Vous êtes invisibles. Tu vois Murphy suivre ton regard vers la boutique, mais il ne dit rien. Soit il a une meilleure idée, ce qui n'est pas impossible (on ne t'a pas envoyé à Poufsouffle pour ta créativité, mh), soit il désapprouve totalement la tienne qui effleure à peine ton esprit, soit il est dans le vague total. Ou un peu de tout cela.
Tu te décolles de la vitrine sans un mot quand Murphy te dit que vous bougez. Tu le suis sans trop en avoir l'air, te plaçant à ses côtés. Comme si vous étiez seulement deux amis qui se baladent ensemble... un sang pur et un basique, ce serait trop beau. Bonjour le conte de fées.
Voyant qu'il a une idée en tête, tu te tais et te contentes de suivre ce qu'il fait, mais lorsque tu réalises qu'il se dirige vers un côté plus... sombre, disons, moins recommandable, du Chemin de Traverse, tu comprends qu'il a pris bien au pied de la lettre l'idée de suicide. Un instant, tu te demandes ce qu'il va bien pouvoir te sortir, mais après, tu te dis qu'il doit savoir ce qu'il fait. Tu l'espères, dans tous les cas, et c'est pourquoi tu te permets de lui demander à voix basse, chuchotant presque alors que vous vous enfoncez de plus en plus dans la partie des boutiques mal famées de la place, jusqu'à atteindre les abords de l'Allée des Embrumes :
« Qu'est-ce que ça va impliquer d'illégal ? »
Ce n'est plus toi qui travaille au Ministère, des deux, mais tu es surtout curieux.
Faites place à Murphy O'Ryan
Muffin caché dans sa boite
Messages: 221 Crédits: Mikado Faction: Modéré Ascendance: Sang-pur Emploi/Etude : Employé au service de la régie autonome des transports par cheminée, département des transports magiques Maison : Serpentard
Sujet: Re: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Lun 27 Fév - 21:30
Murphy continue quelques mètres en silence. Le temps de changer d'air, si l'on peut dire. Le temps de passer presque dans un autre monde. C'était fou comme deux lieux si proches pouvaient être si différents. Le contraste était peut être même plus grand qu'entre le Londres Moldu et le Londres sorcier, surtout depuis que le Chemin de Traverse avait été reconstruit. Ici, tout semblait toujours tellement sombre, tellement pourri... Mais c'est exactement ce dont ils avaient besoin. Un coup d'oeil à François, et Murphy se décide enfin à lui répondre, alors qu'il ne semble pas hésiter un seul instant, que ses pas le mènent vers un lieu bien précis :
"Usurpation d'identité. Et on repart, ni vu ni connu."
Il savait qu'il n'avait pas besoin de préciser ce dont ils avaient désormais besoin. Ils avaient été stupide, ils auraient dû y penser bien avant. Avant de réveiller la méfiance des fidèles cerbères de la directrice de prison, en tout cas. Mais s'ils se débrouillaient bien, leurs cafouillages de départ seraient très vite oubliés. Et pour ça, Murphy savait exactement où aller. La capuche rabattue sur le visage de manière à ce qu'on ne distingue que partiellement ses traits, Murphy s'arrête près de l'entrée d'une boutique qu'il connait très bien. Un peu trop, peut être, pour que ce soit totalement honnête. Le genre de boutique où on achète certains ingrédients qu'on ne veut pas trouver ailleurs, et certains autres qu'on préfère acheter discrètement. Murphy n'avait d'ailleurs pas encore utiliser certains d'entre eux. Ils n'étaient utiles que pour quelques potions, de celles qui dormaient encore dans le grimoire de son père, mais qu'il n'avait pas encore osé testé... Bref. Ils n'étaient pas là pour ça. Mais pour une potion qu'il pouvait techniquement fabriqué, bien qu'elle soit relativement compliquée. Et surtout très longue ; ils n'avaient pas le temps d'attendre vingt-huit jours.
"Polynectar."
Presque juste un murmure. Murphy ne veut que personne d'autre ne puisse entendre. Pour lui, c'est la solution évidente. Mais il veut être bien sûr qu'ils sont sur la même longueur d'onde avant de pénétrer dans la petite boutique et de se procurer la potion. Cette mission, ils la font à deux. Et après tout, dans la tête de Murphy au moins, c'est forcément Loiseau qui prendra le risque d'infiltrer directement la fine équipe. Il les connait mieux que lui, après tout. Murphy pourra toujours assurer ses arrières, et il est, pour une fois, vraiment décider à réussit. Et tant pis pour le suicide.
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Sujet: Re: Every breathe you take, I'll be watching you | Mission Mar 28 Fév - 18:48
L'Allée des Embrumes. Tu n'y traînes que peu, quelques fois à peine lorsque tu veux aller boire un verre sans te faire déranger, mais à chaque fois, cet endroit te fout la frousse. Tu détestes cette place, les pavés inégaux, les vitrines défoncées des commerces, les marchands ambulants qui ricanent quand tu poses tes yeux clairs sur eux. Tu fixes ton regard quelques secondes sur la devanture d'une boutique avant de recommencer à regarder devant toi. Les mots de ton coéquipier résonnent entre tes oreilles. Usurpation d'identité. Pas besoin de plus de mots pour que tu comprennes de qui tu vas devoir usurper ladite identité... en tous cas, le choix est restreint comme quatre personnes vêtues d'uniformes de la Brigade. Tu imites ton compère et rabat le capuchon de ton chandail sur ton visage, dont les traits anonymes, banals, sont tout de même trop reconnaissables quand on s'attarde sur les cicatrices qui le traversent. Tu remontes le col de ton par-dessus, effaçant le bas de ton visage, et ralentit lorsque Murphy s'arrête à côté d'une boutique dont les lettres écaillées laissent deviner un « Apothicaire & potions ».
Un seul mot, que tu murmures en même temps que ton coéquipier.
« Polynectar. »
À croire que tu as lu dans ses pensées. Un regard, rapide, et tu pousses la porte de l'apothicaire avec une apparente confiance. C'est ta soeur, la spécialiste des potions, des empoisonnements et des remèdes, toi, ce sont les sortilèges qui t'ont toujours réussi. Le bruit grinçant de la porte vous accompagne et fait venir au comptoir un homme grand et mince, qui vous fixe de ses yeux sombres. Il ne vous pose pourtant aucune question et attend que vous parlez.
« Deux fioles de Polynectar. »
Ta voix est basse, mais tu n'hésites pas. Tu n'as pas peur. Tu es nerveux, mais tu ne crains rien. L'homme vous dévisage et tourne les talons, disparaissant derrière le rideau d'où il est apparu. Deux fioles. Une pour Murphy, une pour toi, une pour la mission et une au cas où quelque chose tourne mal. Tu t'appuies sur le comptoir crasseux, observant la boutique. Celle-ci est pratiquement vide, vacante. Probablement pour ne pas attirer d'inutiles soupçons sur sa fonction déjà bien douteuse. Tu te redresses lorsque l'homme revient et pose deux fioles de verre devant toi. Sa voix est laconique quand il t'annonce le prix de ce que vous comptez acheter :
« Ça fera neuf gallions et trois mornilles. »
Tu sors une bourse de ton manteau (« Je n'ai fait que les rendre plus beaux ») et en extirpes quelques gallions et quelques mornilles, que tu poses devant l'homme.Tu laisses Murphy empocher les fioles et remercie le vendeur d'un signe de tête, en plus d'un « Merci » dit plus pour la forme qu'autre chose, et vous sortez de l'apothicaire. Ton coeur bat dans ta poitrine à une vitesse folle, tu t'en rends compte là seulement, mais vous n'avez pas le temps de vous reposer. Tu fais un signe de tête à Murphy et tu t'enfonces un peu plus sur l'Allée des Embrumes, sachant qu'il est possible d'en ressortir à un endroit qui sera probablement plus proche de vos proies actuelles. Vous devez faire vite, pour ne pas qu'ils partent, vous devez être efficaces, plus que ce que vous avez précédemment été.
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