Pain d'épice, boule de neige, et conversation au coin du feu !



 
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Pain d'épice, boule de neige, et conversation au coin du feu !

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Isis Lestrange

Dark Pipou


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Faction: Les Héritiers
Ascendance: Sang-pur
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MessageSujet: Pain d'épice, boule de neige, et conversation au coin du feu ! Mar 20 Déc - 18:22

Le mois de Décembre avait bel et bien fini par pointer le bout de son nez et par emporter avec lui les premières vagues de grand froid. Une neige lourde qui tournoyait mollement autour des becs fumants des cheminées tombait du ciel couleur d’acier depuis plusieurs jours maintenant, recouvrant les toitures et les façades exposées au vent d’un épais manteau blanc. Au milieu de ce paysage, le château millénaire de Poudlard ressemblait presque à une sculpture en pain d’épice saupoudrée de sucre-glace. Cette image enfantine avait de quoi surprendre quand l’on pensait de quel esprit sévère elle était née, mais Isis se laissait porter malgré elle par l’ambiance que l’approche des fêtes de fin d’année faisait planer dans les couloirs de l’école. Des branches de houx et des guirlandes argentées s’entrelaçaient autour des rampes d’escalier, des chandelles répandaient une lumière chaleureuse à l’intérieur des armures d’ordinaire si austères, et il n’était pas rare qu’un bouquet de gui orne les plafonds. Aaron Yaxley avait même enchanté les lustres qui étaient dorénavant recouverts d’une glace éternelle dont les multiples facettes capturaient chaque éclat de lumière. Après quatre longues années d’errance solitaire à travers le monde, l’héritière des Lestrange redécouvrait la magie de Noël. Oh, elle n’allait pas se mettre à fredonner le refrain d’un cantique ni à distribuer des chocolats à ses élèves mais elle se souvenait soudain avec une certaine nostalgie de quel enthousiasme inavoué se réchauffait légèrement son cœur à cette période de l’année, du temps où elle étudiait encore ici. Plusieurs fois la curiosité avait même failli la pousser à écrire à ses grands-parents pour leur demander la permission de rester au château et de profiter ainsi de la liesse générale, mais elle s’était toujours ravisée au dernier moment et pliait bagages pour ce qu’elle savait être deux semaines d’ennui au sein d’un manoir qu’un seul malheureux sapin de Noël ne parvenait pas à rendre plus accueillant que le restant de l’année. Plutôt ça que de confesser un désir aussi écœurant de naïveté…

Aujourd’hui les choses étaient bien différentes. Hériter du pouvoir de sa famille n’avait pas eu que des désavantages au final, bien que ce lègue ait été porteur de plus de responsabilités que de libertés, mais Isis n’avait plus à rendre de comptes à grand-monde à présent et cela la satisfaisait pleinement. La journée s’était déroulée sans anicroches particulière en tout cas, la seule différence résidant dans le fait que ce soir là, après le banquet, elle avait décliné l’invitation de Sir McKay à boire un thé en sa compagnie et était directement retournée dans ses appartements pour prendre de l’avance sur la pile de parchemins qu’elle voulait corriger avant que les vacances n’arrivent. Plus tôt dans la journée elle avait laissé une missive à l’intention de sa petite cousine afin qu’elle la retrouve ici et cela lui laissait peu de temps. Les seuls sons planant autour d’elle elle les devait ainsi aux griffonnements irréguliers et à peine audibles de sa plume, dominés par le crépitement du feu qui brûlait dans la cheminée.

La neige tourbillonnait à nouveau contre les fenêtres couvertes de givre lorsque trois coups discrets vinrent heurter le bois de la porte. Quasiment certaine de l’identité de son visiteur, Isis marmonna un rapide « Entre ! » sans relever le nez du commentaire qu’elle était en train d’annoter d’une écriture fine et penchée au bas d’un parchemin. Plongée dans son travail, la Lestrange que l’on connaissait d’ordinaire si rangée se révélait d’une toute autre manière. La table sur laquelle elle s’était installée avait des airs de champ de bataille, des papiers et des ouvrages étaient ouverts en tout sens à se demander comment elle parvenait à s’y retrouver. D’ailleurs, l’ensemble de la pièce n’était pas forcément mieux : les nombreuses étagères qu’on s’était efforcé d’y faire rentrer croulaient sous le poids d’une centaine de grimoires, de bibelots, et d’objets étranges en tout genre. Si Callista avait vécu près d’un mois au manoir, elle n’avait pourtant encore jamais eu l’occasion de mettre les pieds dans un de ces rares endroits où la personnalité extravagante de sa cousine se révélait sans artifices, loin des codes de conduite qu’elle s’imposait avec une rigueur proche de l’absolue. Mais si cela avait de quoi attiser la curiosité de la jeune fille, Isis apposa rapidement un point final à son entreprise et releva alors la tête pour planter son regard sombre dans le sien.

_ Félicitations. Pour le match contre Gryffondor, ajouta-t-elle avec un demi-sourire devant l’expression poliment interrogative de sa petite cousine. Ça fait près d’un mois, je sais, mais je n’avais pas encore eu l’occasion de te le dire ; entre les classes, les corrections de parchemins, et mon véritable travail que j’essaie tant bien que mal de garder sur pieds à son strict minimum je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer au reste. Mais assied-toi, assied-toi !

D’un coup de baguette magique, la sorcière fit s’enrouler tous les parchemins qui traînaient devant elle ensembles et ils allèrent ensuite d’eux-mêmes disparaître dans le tiroir d’un secrétaire tandis qu’une chaise se traînait jusqu’à la table. Un autre coup de baguette plus tard et c’est le service à thé suspendu au-dessus des flammes qui vint aussitôt verser généreusement son contenu aux parfums épicés dans deux tasses propres.

_ J’espère que tu aimes la cannelle, les elfes de maison ont l’air de prendre très à cœur les traditions de Noël cette année. Enfin, au diable les lubies de ces stupides créatures ! Comment vas-tu ? J'imagine que la perspective des vacances est un soulagement pour les neurones de tous les élèves de Poudlard. Deux semaines pour refaire le vide !

Finalement elle n’aurait sûrement pas dû boire ces deux verres d’hydromel au dîner… L’alcool la rendait toujours un peu étrange et d’humeur inhabituellement agitée, or les raisons pour lesquelles elle recevait Callista ce soir n’avaient rien de particulièrement joyeuses.

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MessageSujet: Re: Pain d'épice, boule de neige, et conversation au coin du feu ! Dim 25 Déc - 16:31

Poudlard en décembre pouvait parfois faire penser au Pôle Nord. Les vieilles pierres du château n’isolaient en rien de l’extérieur et ainsi de nombreux courants d’air glacés s’infiltraient de-ci, de-là. Emmitouflés dans leurs capes et écharpes, les élèves ressemblaient plus à des bonhommes de neige noirs qu’à de véritables humains. Venir d’une riche famille de Sang-Purs permettait très souvent d’éviter ce déguisement. Les capes fourrées de la dernière collection par Walter McLaw assuraient d’avoir chaud, tout en restant classe et sobre. Nécessaire à Callista en cette soirée d’hiver où elle devait se rendre à son rendez-vous avec sa cousine. Suite à sa lettre envoyée il y a de cela plus de deux mois, elle avait longuement réfléchie. Mais le message que lui avait fait parvenir Isis le matin même avait été le bienvenu. Elle avait besoin de discuter avec quelqu’un de tout ce qui se passait, besoin de mettre des mots sur ce qu’elle ressentait, besoin de tout simplement pouvoir compter sur une autre personne qu’elle-même. Et qui de mieux placé qu’Isis Lestrange, celle qui l’avait rééduquée pendant un mois ? C’est pourquoi elle se dirigeait en ce moment-même vers ses appartements au rez-de-chaussée. Pour cela, elle devait traverser les sous-sols gelés et ne portait pas la tenue des plus adéquates : en effet, il était simplement hors de question qu’elle se présente en uniforme à sa cousine. C’est pourquoi elle avait enfilé une de ses robes écarlates assorties de chaussures ouvertes. Tenue d’été, mais tenue de son rang. La cape servait excellemment bien dans ces conditions.

Sortant de ces pensées agréables, mais futiles, Callista reporta son attention sur son chemin. Elle n’avait pas revu Isis en-dehors des cours depuis qu’elles s’étaient séparées au début du mois de Septembre. Elle appréhendait donc cette rencontre, tout en la savourant. Pouvoir parler à une femme adulte était agréable, elle n’avait jamais pu agir ainsi avec sa mère, Kira étant bien trop occupée pour sa fille. Arrivée à destination, elle se permit de souffler un grand coup. Puis elle toqua trois coups à la porte et entra quand on le lui permettait. Callista se stoppa un instant sur le seuil de l’appartement, abasourdi de ce qu’elle voyait. Le Manoir Lestrange formait presque un paradoxe avec l’habitat d’Isis, mais après tout elle devait bien reconnaître qu’elle n’était jamais allée dans les appartements privés de sa cousine. Elle avait seulement eu le droit aux pièces communes, ainsi qu’à la grande bibliothèque familial. Elle se ressaisit et fit quelques pas pour venir s’assoir dans le fauteuil que la brune lui avait désigné, juste en face de son bureau. Elle l’observa finir de corriger ses copies, profitant du calme qui n’allait pas durer pour remettre ses idées en place. Elle ne tressaillit pas lorsque le regard obsidienne se planta dans le sien, habituée désormais à faire face aux deux pupilles aussi noires que la nuit. Elle l’écouta parler, tout en la remerciant pour les félicitations et la tasse de thé brûlante. Isis semblait bien joyeuse ce soir-là, cela était assez rare pour qu’elle le remarque. Cependant, elle savait bien que ce n’était qu’une manière de la mettre à l’aise, avant d’aborder le sérieux de leur sujet.

La blonde sirota quelque peu de son thé, réchauffant ainsi son corps glacé, et se donnant du courage. Je vais bien, je te remercie. Il est vrai que l’arrivée des vacances est un soulagement. L’année des ASPICS est probablement la plus dure, et si on y ajoute tout ce qu’il se passe… Mensonge. Elle n’allait pas bien. Et sa grande-cousine s’en rendrait facilement compte. Callista ferma les yeux un bref instant, cherchant son calme, puis se cala dans son fauteuil. Pour dire la vérité, non, je ne vais pas bien. Je sais pourquoi je suis là, mais je n’ai aucune idée de comment j’y suis arrivée. Ma lettre d’il y a deux mois me paraissait censée, claire… Aujourd’hui, je me dis que j’ai simplement agis sur un coup de tête. Mon héritage, ma famille… Mon sang. Je ne peux pas abandonner tout ça, ce serait comme m’abandonner moi-même. Mais… Mais il y a tellement de … ! Je veux dire, chacun considère les Malefoy comme une famille de traîtres. Lucius, Drago… Mon père, même ! Tous ont trahit, ou ont tourné le dos. Et moi, je me retrouve au milieu de tout ça, à devoir faire un choix ! Parfois, j’ai honte de porter ce nom, je me dis que tout serait plus facile si je venais d’une autre famille. Et puis je me souviens de mon ascendance, de mon passé… J’en parle, mais serais-je réellement prête à laisser tomber tout ça ? Je… Elle s’était levée entre temps, marchant parmi la pièce comme pour retrouver cette assurance d’autrefois, désormais perdue. Elle se posta contre la fenêtre, observa le parc en contre-bas, le noir de la nuit déjà tombée, puis se retourna, dos contre la vitre. Je ne sais plus où j’en suis Isis. Que dois-je faire ? Comment dois-je agir ? Je… Aides moi. S’il-te-plaît. Des larmes cristallines venaient recouvrir son regard de glace, lui brouillant la vue. Et voilà qu’elle voulait pleurer maintenant. Pas ici, pas maintenant. Pas devant Isis Lestrange. Elle était bien trop faible. Où était donc passé son honneur, sa fierté ?

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MessageSujet: Re: Pain d'épice, boule de neige, et conversation au coin du feu ! Mer 18 Jan - 15:54

Isis lança un regard oblique mais perçant à sa cousine, comme si elle ne croyait pas un traître mot de ceux venant de sortir de sa bouche. Par discrétion, ou par soucis d’épargner à la Malefoy un instant de malaise, elle redirigea pourtant son attention autre part, guidant sa tasse jusqu’à ses lèvres pour souffler sur le liquide brûlant. Plus de deux mois avaient passés depuis le jour où elle avait reçu l’étrange missive de sa cousine, certes, mais ce laps de temps semblait bien court pour suffire à apaiser l’émoi qui troublait alors ses pensées. L’incohérence de ses propos, avant même la non moins surprenante requête venant les clôturer, trahissait trop la profondeur de ses angoisses pour cela. Isis ne pouvait la croire lorsqu’elle lui disait que tout allait bien. Au cours de l’été elle avait appris à lire à lire au travers de son expression sans teint et de ses silences qui lui rappelaient parfois les siens. À moins que ça ne soit plutôt ceux de l’adolescente perturbée qu’elle avait été. La jeune professeure s’avoua ce rapprochement inattendu en imitant son interlocutrice. Le creux de ses reins vint épouser la surface élastique du vieux cuir tandis qu’elle se calait au fond de son fauteuil, ses pupilles aux reflets mordorés cherchant à croiser celles de l’adolescente qui ne cessaient de se dérober. Après avoir inspiré profondément elle avait réussi à rassembler assez de courage pour reprendre la parole, mais les raisons qui les amenaient à se rencontrer ce soir semblaient trop difficiles à aborder pour qu’elle ose la regarder en face tout en déballant son sac. Elle semblait avoir honte d’elle-même, de ses propos, et par-dessus tout de ce nom sous le poids duquel fléchissaient ses épaules. Ce nom porteur de tant de déshonneur. Isis aurait voulu la couper derechef pour qu’elle cesse de s’infliger une douleur absurde que ses mots ne faisaient qu’aggraver, mais quand elle mentionna les noms de Lucius et Drago, ne résistant plus au besoin de se dresser sur ses jambes, sa résolution se perdit au fond de sa gorge. Ce fut à son tour de plonger son regard vers ses mains qui se réchauffaient autour de sa tasse.

Isis était consciente du déshonneur que s’était attiré le nom Malefoy, pourtant elle avait toujours ressentit un profond sentiment d’irritation à l’encontre de ceux qui se permettaient de le condamner à la hâte. Avant de tourner le dos au Seigneur des Ténèbres en un instant critique, ils oubliaient un peu vite ce que cette famille avait accompli par le passé. Et il était d’autant plus ridicule de reprocher les fautes des uns à l’ensemble. Chaque famille de sang-pur avait ses brebis galeuses si l’on remontait leur arbre généalogique. Pas une n’était exempt de disgrâce, et il y avait pire abomination que celle de Lucius et Narcissa ! Eux au moins avaient toujours vécu selon les principes du sang pur, contrairement à tant d’autres à cette époque. Isis n’oubliait pas non plus qu’elle était née sous leur toit, ou que lorsqu’elle n’était encore qu’un bébé sa tante avait sûrement pris mieux soin d’elle que sa propre mère toujours partie en vadrouille pour combler les moindres désirs du Seigneur des Ténèbres. Cela n’excusait pas leur erreur, loin de là, mais il n’y avait pas besoin de salir leur mémoire d’avantage. Ils avaient déjà payé de leur vie le prix de leur déloyauté. Cela ne suffisait-il donc pas ?

Isis porta deux doigts au niveau de sa tempe et la frotta un court instant tandis que le silence était retombé sur la pièce. Elle distinguait à peine le reflet de sa cousine qui tremblotait contre les carreaux de la fenêtre à la lueur du feu, mais elle n’avait pas besoin de voir son visage pour imaginer son expression. Avoir entendu la fêlure dans le son de sa voix suffisait amplement pour cela. Elle ne savait pas bien quoi lui dire pourtant, ni par où commencer. D’habitude c’était elle que l’on rassurait. Sir McKay lui avait ouvert les yeux sur ce que cela signifiait de grandir, Ewen avait toujours été là pour elle lorsqu’elle avait eu besoin de sentir une étreinte solide s’enrouler autour de ses épaules, Helen Ann lui avait redonné confiance en elle en lui apprenant qu’on ne trouvait pas la paix en souhaitant la mort, et Hayley… Hayley et Baël avaient toujours été des exemples d’indépendance malgré leurs différends. Malgré la solitude qu’elle avait enduré une longue partie de son existence, Isis se rendait compte qu’elle avait eu énormément de chance de trouver pareils compagnons sur sa route. Aujourd’hui c’était peut-être à elle de faire preuve de la même générosité. Elle n’en avait pas été capable pour Lily Jean, mais il était encore temps de se racheter avec Callista. La jeune professeure se racla la gorge et se pencha alors à nouveau en avant, en profitant pour déposer sa tasse de thé sur la table. Lorsqu’elle prit la parole, ce fut d’une voix lente mais sereine, comme si elle cherchait ses mots tout en sachant où elle voulait aller.

_ Je ne crois pas que ça soit à moi de te dire quoi faire. Ce n’est pas que je n’en ai pas envie, mais il n’y a que toi qui puisses décider de ce qui est véritablement important. L’honneur de ton nom, ou les ragots de couloir. Tu sais… Mes premières années à Poudlard je n’étais pas bien différente de toi. J’étais beaucoup plus naïve je pense, mais moi aussi je me posais mille question sur ma famille. Est-ce que j’en étais digne ? Est-ce que je ferais aussi bien ou mieux que mes ancêtres ? Est-ce que c’était seulement possible qu’on me voit autrement que « la fille Lestrange » ? Aujourd’hui je sais que j’avais simplement peur de grandir, d’affronter l’avenir. Il y aura toujours des gens pour te juger uniquement selon la lignée dont tu descends, reprit-elle après un court instant de réflexion, mais je veux que tu m’écoutes attentivement quand je te dis que tu n’as pas à te sentir responsable des agissements de qui que ce soit à part les tiens. Regarde, je suis beaucoup plus proche que toi en parenté de Narcissa et Drago. L’autre sœur de ma mère a même épousée un sang-de-bourbe et conçu avec lui une descendance honteuse. Qui me le reproche pourtant ? Ces calomnies ne t’atteignent que si tu le leur permets. Je sais que ce qui s’est passé au Ministère et dans le Poudlard Express est difficile à digérer, mais ce n’est pas le moment de s’apitoyer sur son sort. Je croyais que tu avais fini par le comprendre.

Isis regretta ses dernières phrases au moment même où elle était en train de les prononcer, mais elle aurait manqué à son devoir si elle n’avait pas souligné l’importance pour un sang-pur de contenir ses émotions. Leurs ennemis prenaient un trop grand plaisir à les retourner contre eux. Il était primordial que Callista enregistre cela ou elle serait à jamais en proie à leurs bassesses, comme lors de son altercation avec la princesse Kark et aujourd’hui encore. N’apprendrait-elle jamais ? Malgré son agacement passager, Isis se radoucit instantanément et échappa un soupire presque navré.

_ Tu es digne de ton sang, Callista, seuls des idiots essayeront de te convaincre du contraire.

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MessageSujet: Re: Pain d'épice, boule de neige, et conversation au coin du feu ! Mer 22 Fév - 14:01

Les paroles d’Isis étaient justes. Justes et dures. Se mordant la lèvre inférieure, Callista l’écouta sans l’interrompre. On n’interrompt pas Isis Lestrange. Surtout quand elle vous sorts vos quatre vérités. Les larmes avaient disparu aussi vite qu’elles étaient arrivées. Oui, elle n’avait pas à pleurer pour ces doutes passagers. N’avait-elle pas toujours revendiqué haut et fort son appartenance aux Malefoy ? C’était si elle flanchait maintenant qu’elle serait piétinée. C’était à elle de leur montrer que leurs mots médisants ne l’atteignaient pas. Seulement, c’était tellement plus facile à dire qu’à faire. Ses dernières phrases lui firent baisser la tête. Etait-elle vraiment digne de son sang ? Elle l’avait pensé, toutes ces années passées. Et puis on avait détruit son masque de fierté et elle se sentait misérable. Elle avait passé un mois, un long mois avec Isis, pour se reprendre en main, pour redevenir celle qu’elle était avant. Et voilà qu’une fois retournée à Poudlard, elle avait laissé les autres la rabaisser à nouveau. Elle releva la tête et planta son regard de jade dans celui de sa cousine. Elle devait apprendre et comprendre. Et ce n’était pas en se lamentant qu’elle arrangerait les choses. Je le sais. C’est seulement plus dur à admettre une fois qu’on a été jeté à terre et piétiné. Elle se redressa, se décollant de la fenêtre. Elle n’aimait pas se plaindre, se sentir fiable. Elle fit quelques pas dans l’appartement pour finir par s’accroupir devant la cheminée ronflante qui diffusait une douce chaleur des plus agréables.

Si seulement il n’y avait que ça. Car un autre doute logeait dans son esprit depuis maintenant deux ou trois mois. Un doute qu’elle ne réussissait pas à apaiser. Elle avait juste besoin d’en parler pour extérioriser ce qu’elle pensait. Seulement, elle n’avait ni su, ni pu en parler par écrit. Tout ne pouvait être dit que lors d’un face à face. Face à face qui se déroulait à l’instant même. Les yeux rivés sur le feu envoûtant, elle inspira profondément. Et posa alors sa question fatidique. Tu ne t’es jamais dit que l’on avait fait le mauvais choix ? Elle tourna la tête vers la gauche, ignorant les mèches blondes qui lui caressaient la joue et observa Isis, cherchant ses mots. Je veux dire… Tu n’as jamais pensé que notre place était à l’Ombre de la Rose Noire et non avec les Modérés ? Callista se releva et fit quelques pas dans l’appartement de sa cousine. C’était plus dur à exprimer que ce qu’elle ne le pensait. Elle n’avait jamais osé prononcer cette pensée à voix haute, cela la faisait se ressentir une traîtresse. Je hais mes camarades Ombres, mes amis qui en faisaient partie pour leur trahison… Mais je n’ai jamais haït les Ombres en eux-mêmes. … J’ai parfois l’impression que mon mode de pensées s’approche plus du leur que de celui des Modérés. Je me moque des moldus et je ne veux pas la levée du secret du monde magique… Mais, c’est juste que les Modérés sont si… Laxistes ? J’ai la sensation que beaucoup d’entre eux oublient que nous sommes tous des Mangemorts avant tout. Que les Basiques sont tolérés, les Sang-de-Bourbes utilisés, les Homosexuels une monstruosité.

Et pourtant, quand je les vois, j’ai presque l’impression de voir des Phénix. O’Ryan est amie avec n’importe qui, même la Cracmole des cuisines. Il est bien connu que Blackburn a des mœurs légères… Nous sommes des Sang-Purs, l’élite sorcière, et aucun d’eux ne tient son rang. Alors que chez les Ombres, c’est bien différent. J’ai toujours été plus vindicative que les autres, plus froide, plus dure. Et même les Modérés me voyaient comme une « grande méchante ». Chez les adultes sérieux et censés, c’est différent bien évidemment. Il suffit de voir Wilhelmina ou Caïus Salamander. Mais tous les autres… J’ai vraiment la sensation que les trois-quarts des Modérés sont de gentils Nubbins qui se donne des airs. Et ça ma révulse. Alors, oui… J’ai songé au fait que ma place était probablement à l’Ombre de la Rose Noire.
Callista était désormais debout, face au bureau d’Isis. Elle l’observait dans les moindres détails, cherchait la moindre trace des résultats de ce qu’elle avait dit. Elle redoutait son courroux, mais ne reculerait pas. Elle avait dit ce qu’elle pensait, ce qui lui pesait, et elle se sentait bien plus libre et sereine. Elle ne quitterait pas les Modérés. Elle s’était offerte à eux, haïssait la trahison. Mais elle pensait ses paroles et voulait l’avis de sa cousine.

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MessageSujet: Re: Pain d'épice, boule de neige, et conversation au coin du feu ! Mar 8 Mai - 13:30

Un imperceptible froncement de sourcil obscurcit le regard de l’héritière lorsque sa cousine fit allusion à l’altercation qui l’avait opposé à la princesse des Kark. Cette chère Calliope, naïve petite fille que l’on avait placé sur un piédestal avant de lui avoir appris à s’armer contre le monde. Elle ne lui tenait pas rigueur de s’être heurtée à Callista, bien que cela l’ait étonnée d’apprendre qu’elle pouvait avoir un tel mordant. Sans cet incident la jeune Malefoy serait toujours probablement en train de s’encenser d’illusions sur ce qu’il signifiait vraiment d’honorer la pureté de leur sang. Elle serait la même petite idiote insupportable de prétention qui avait franchi le seuil de sa porte l’été dernier, et ça Isis ne pouvait pas l’imaginer. Elle revenait de trop loin pour cela, avait parcouru trop de chemin pour qu’une hésitation infondée ne réduise ses efforts à néant aussi facilement que le vent abat un château de cartes. Isis voulait croire qu’elle était finalement devenue plus forte que cela, mais elle avait oublié ce que c’était d’être en proie aux doutes que la jeunesse trimballait dans son sac au même titre que l’audace, l’allégresse, et la liberté de croire à tous les possibles. Elle avait grandi trop vite. Du haut de ses vingt-trois ans, qu’elle atteindrait dans un peu plus d’une semaine, elle n’avait déjà plus aucune idée de ce que ressentait véritablement sa cousine.

La réalité de cette effrayante vérité la frappa lorsque Callista alla s’accroupir devant l’âtre ronronnant de la cheminée, comme si elle allait rechercher auprès des flammes la chaleur qu’elle ne pouvait obtenir d’elle. N’importe quel parent issu d’une famille équilibrée et voyant l’un des siens en profonde souffrance s’accroupirait à ses côtés pour passer un bras réconfortant autour de ses épaules, pour le laisser sentir par une étreinte que sa solitude n’avait rien d’immuable mais tout d’un mirage. Au fond d’elle, elle savait que cette attitude aurait suffi à panser les blessures de sa cousine bien mieux qu’une énième leçon de morale destinée à lui rappeler ses devoirs. Elle le savait mais elle ne pouvait pas se résoudre à y céder, elle n’en éprouvait aucune envie d’ailleurs. Les choses n’étaient pas aussi simples pour les familles de sang-pur, du moins certainement pas lorsque l’on portait le nom Malefoy ou Lestrange ; la maîtrise de soi devait précéder le naturel, et la raison l’emporter largement sur le cœur. Ils n’étaient pas n’importe qui et ne pouvaient donc pas se permettre d’agir comme tel. Les nouvelles incertitudes que Callista déballait cette fois-ci à tout rompre, comme si sa bouche ne pouvait pas s’empêcher de déverser des absurdités, faisaient ainsi se rétracter lentement les mains de l’héritière autour des accoudoirs de son fauteuil. Ce n’était pas tant de la colère que de l’exaspération, qu’elle retenait tant bien que mal derrière un visage serein dénué de toute expression particulière. Elle n’avait rien compris, rien à rien. Une fois de plus l’adolescente ramenait ses déboires au regard que les autres posaient sur elle, comme s’il suffisait que le miroir de la société lui renvoie un mauvais reflet pour faire fuir ses convictions. Elle les croyait infaillibles, les disait honnêtes, mais la vérité c’est qu’elles ne tenaient qu’à un fil.

_ Une « grande méchante » ? ironisa soudain Isis, ne retenant plus le sourire narquois particulièrement mordant qui lui chatouillait les lèvres depuis le début de cette jolie tirade. Qu’est-ce que tu sais véritablement de la peur, Callista, de l’horreur ? Parce que tu as été prise dans un conflit mineur opposant des élèves dont la moitié n’a même pas la puissance magique pour exécuter des sortilèges de troisième niveau tu crois peut-être que tu sais ce que cela signifie d’être une véritable combattante, une véritable « mangemort » ? As-tu déjà vu un homme se noyer dans son propre sang, entendu ses gargouillements à mesure qu’il s’étrangle ? Te souviens-tu de hurlements de douleur si stridents que tu avais l’impression qu’ils te déchiraient de l’intérieur, et de râles si rauques et si interminables que tu t’es surpris en train de prier pour que la mort frappe vite lorsque ton tour viendrait ? Tu ne sais rien de ces choses encore, alors ne viens pas ici la bouche en cœur en croyant que tu peux te permettre de juger qui est véritablement un bon patriote et qui ne l’est pas, ou que tu n’as plus rien à apprendre des atrocités que la vie te réserve. Car tu verras ces choses, tôt ou tard, et à ce moment tu comprendras pour quelle ignorante arrogante tu es passée ce soir.

Ses mots étaient particulièrement durs, tranchants, ils attaquaient sans s’encombrer de délicatesse, pourtant l’amusement qu’avait ressenti Isis en réutilisant les termes de sa cousine s’était rapidement effacé pour redonner sa place à son sérieux habituel, et à cette froideur qui la caractérisait tant. Elle échappa même un bref soupire d’ennui avant de reprendre la parole. Elle aurait presque pu lui parler de la pluie et du beau temps. Presque.

_ Toutes les familles de sang-pur n’ont pas le même prestige, et certainement pas le même sens de l’honneur et du devoir. Les O’Ryan sont des taverniers, les Blackburn des brasseurs de whisky ; tu ne peux pas placer ces gens au même niveau que toi ou moi, même si leur sang est pur. Isis balaya alors l’air de la main comme si elle avait voulu chasser un insecte au bourdonnement particulièrement agaçant. Ce dont je suis sûre c’est qu’on ne me verra jamais m’abaisser aux bottes de Mervyn Kark pour lécher la boue qui colle à ses semelles. Cet homme ne mérite pas de marcher dans les pas du Seigneur des Ténèbres : il est vil et lâche, et a perdu tout crédit lorsqu’il a trahi son propre sang. Je te l’ai déjà dit, si tu laisses le regard des autres influencer ton esprit et tes décisions alors tu seras toujours perdante. Ai le courage d’assumer ce en quoi tu crois, et bat-toi pour ça quoi que les autres fassent ou disent.

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They're going to bitch about me anyway,
so I might as well give them something to bitch about.
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