Messages: 401 Crédits: BROTHERSWING Faction: Héritiers Ascendance: Sang-pur Emploi/Etude : 6e année Maison : Serpentard
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Sujet: Dis-moi qui tu es... Dim 11 Déc - 23:12
C’ÉTAIT LA FILLE DU PÈRE NOËL____________________________________________ _______________________________________J’ÉTAIS LE FILS DU PÈRE FOUETTARD
Poulet Curry. J’étais sur la bonne voie. Laissant mes doigts glisser sur les pierres froides des cachots de Poudlard, j’essayais d’y trouver mon chemin. Une main collée contre les murs, l’autre tenant ma baguette. J’étais aux aguets de tout. Si l’aveugle était plongé dans l’obscurité, son odorat, son ouïe, son touché, son gout étaient décuplés. Non pas que j’utilisais ma langue pour savoir si j’allais dans la bonne direction … mais les autres sens m’aidaient plutôt bien. Cela ne m’empêchait pas de trébucher, de me prendre une poutre dans la tronche ou de me trancher mes doigts à force de tout toucher. Mes passages à l’infirmerie étaient assez fréquents. J’étais devenu pire que Cléia les pieds sur terres. Maladroit. Poulet Curry. Suivre l’odeur du Poulet Curry, tel un niffleur chercherait une pierre précieuse.
Je n’avais pas assisté au diner ce soir. Depuis mon infirmité, je me sentais moins à ma place lors des repas dans la Grande Salle. Etre la personne la plus observée, la plus dévisagée. Qu’on se moque de moi dans mon dos. Si je ne voyais jamais leurs visages, je sentais leurs regards posés sur moi. Ils étaient humiliants, et désobligeants. L’an dernier, j’aurais agis comme eux. Sans aucun doute ! Mais il suffit que votre monde idyllique s’effondre pour se retrouver de l’autre côté. Juste retour des choses. Si je devais avoir le retour de tout le mal que j’avais fait, je préférais encore me cacher.
De la pierre froide, ma main est passée au bois tiède. Poussant la porte, l’odeur du Poulet Curry envahit mes narines. Arrivé à bon port. Aucun pied pris dans les tapis. Aucune poutre ne s’est écrasée contre mon front. Aucune écharde ou pierre tranchante rencontrant mes doigts. J’ai seulement traversé un fantôme, qui m’avait engueulé de ne pas l’avoir vu et donc de ne pas l’avoir évité … quel con ! Des courants d’airs aux niveaux de mes jambes. Certainement les elfes de maisons qui s’agitaient pour ramener les plats vides du diner, à présent fini. Le courant d’air que je cherchais était un peu plus grand. A mon souvenir il était plus ou moins de la même taille que moi. J’effectuais quelques pas en avant, m’attendant à trouver une table, et essayant d’éviter de bousculer les elfes. Un murmure, puis une odeur se logeant sous mes narines. Une odeur beaucoup plus douce que le poulet curry. Plus féminine. Me souvenant parfaitement de son odeur, mon courant d’air était bien là. « Norine ? » . Ignorant si elle était face à moi, de dos, loin ou près. Si elle avait capté que j’étais là ou non, je n’avais pas d’autres choix que je montrer que j’étais là. « Est-ce qu’il reste des petits trucs à manger ? Je n’ai rien avalé depuis ce midi. J’ai faim … » . Ton désespéré non contrôlé sur la faim. Mais c’était vrai, j’avais très faim. J’avais décidé de ne pas manger avec les autres ce soir. Mais j’avais faim ! Le ventre creux, complètement vide ! A sec ! Je n’étais pas vraiment venu aux cuisines pour manger au départ, mais avec toutes ces odeurs… c’était plus fort que moi. Et tant que je n’aurais pas le ventre plein je ne serai pas capable de penser correctement. Un Rookwood le ventre vide c’est la même chose que pour les dragons. Mon ventre se tordait de douleur ! Quel égoïste celui là ! Il m’a foutu la paix toute l’après midi, et là il se faisait remarquer plus qu’autre chose. « Norine ? Tu es là ? » Je ne l’entendais plus. J’aimerais simplement savoir si elle est là. Auquel cas ce serait le contraire, autant piquer un morceau de poulet et s’en aller. Je soupirais. « Si tu veux que je parte, dis-le-moi simplement. » Mais je ne partirai pas.
Sujet: Re: Dis-moi qui tu es... Lun 12 Déc - 17:25
Sa langue passa sur ses lèvres. Le repas venait de finir et la demoiselle s’était chargée de récupérer le reste de Poulet Curry. Sauf que Norine et le Curry, c’était une grande histoire d’amour. Autant dire qu’elle n’avait pu résister à l’envie de saucer le bord du plat du bout de son doigt. Toute façon, le reste de Poulet partirait à la poubelle. Ou pour les bêtes de Poudlard. Gâchis. Norine avait envie de garder le poulet restant et de s’empiffrer un peu plus tard. Ca se conservait bien en plus le poulet ! Alors pourquoi jeter un truc pareil ! Déjà, lorsqu’elle l’avait cuisiné plus tôt dans la matinée en compagnie des elfes, elle avait eu énormément de mal à se retenir d’en manger une petite partie. Mais non, elle n’était que la cuisinière, pas la cliente. Enfin si, elle aussi avait eu droit à son poulet curry mais qu’une fois que tous les élèves et les professeurs étaient dans la Grande Salle. Interdiction d’y toucher avant. Dur.
Maintenant, ses petites mains humaines devaient se préoccupaient de la vaisselle. Et bien que les elfes fassent la vaisselle grâce à leur magie, la jeune fille usait, elle, de ses mains. En soi, cela ne la gênait pas tellement. Elle aimait bien avoir les mains sous l’eau chaude. Et puis faire la vaisselle était devenu un automatisme ce qui lui permettait de laisser naviguer ses pensées. Le seul problème en faisait la vaisselle était qu’elle était obligée de remonter ses manches. Et de-là, elle était obligeait de montrer son bandage sur son avant-bras. Heureusement pour elle, seuls les elfes étaient témoins de cette présence sur son bras et ne se posaient pas tellement de questions. Norine n’avait jamais eu de grands liens avec les elfes. Elle ne discutait avec eux que par rapport à la cuisine et la vaisselle, jamais d’autre chose. En fait, elle se sentait même de trop parmi eux. Ils étaient tous ensemble, se serraient les coudes et oubliaient qu’une humaine faisait partie de leur équipe. Depuis maintenant un an qu’elle travaillait avec eux, elle s’y était faite. Ca ne lui posait plus de problèmes.
Alors qu’elle astiquait une des nombreuses assiettes, elle entendit la porte de la cuisine s’ouvrir. Par reflexe, elle rabaissa la manche de son tee-shirt pour cacher le bandage. Jusque-là, elle s’était toujours bien débrouiller pour que personne ne découvre le beau cadeau que Keating lui avait offert. Les yeux de la jeune fille se posèrent alors sur l’individu qui venait d’entrer dans son lieu de travail. Rookwood. On ne pouvait pas tellement dire que Norine appréciait le jeune homme. Après tout, il faisait partie de tous ceux qui lui avaient pourri son année. Après toutes les humiliations et les coups bas qu’il lui avait faits durant l’année, il ne fallait pas s’attendre qu’elle ait une once de sympathie à son égard. Même s’il avait perdu la vue lors de l’attaque.
Bien sûr, vous connaissez Norine, vous savez qu’elle n’était pas insensible à son handicap. Après tout, ça ne devait pas être facile de vivre sans la vue. Surtout lorsqu’on l’avait connu des années durant. Alors oui, Norine avait tout de même envie de l’aider un peu… Mais non, c’était bien trop facile ! Le laissant tâtonner, elle reprit sa vaisselle en essayant d’oublier sa présence. Sauf qu’oublier que l’un de ses ennemis, aveugle, se trouvait dans la même pièce qu’elle, ben ce n’était pas si facile. Surtout lorsque cet ennemi se mettait à l’appeler. Ouch, dur de résister… Elle ne répondit pas, le laissant se débrouiller. Après tout, si elle s’était retrouvée à sa place, l’aurait-il aidée ? Non, il ne faut pas y croire, il l’aurait laissée dans sa merde et se serait même amusée à l’humilier encore plus. Alors pourquoi, elle, l’aiderait-elle ? Hein ?
Maël continuait à parler, non loin d’elle. Elle savait qu’il avait capté sa présence, qu’il la savait proche de lui mais elle voulait ne pas céder. Pourquoi devait-elle toujours céder ? Il lui avait fait tant de mal… D’un autre côté, un truc à manger, ce n’était pas grand-chose que de le lui donner, si ? Et puis il restait du Poulet… Et puis c’était son métier, de donner à manger. Oui, mais à Rookwood ? La dernière phrase de Maël eut raison d’elle. Elle leva les yeux au ciel et lâcha un soupir tout en abandonnant sa vaisselle. Elle se dirigea vers le poulet restant et en remplit une assiette qu’elle posa sur la table. Elle lui lança un regard noir, ce qui, en soi, ne servait à rien.
Il reste du Poulet, Rookwood. Je t’ai mis une assiette sur la table. Mange mais ne me dérange pas dans mon travail.
Et sur ces paroles sèches, elle le laissa se débrouiller pour accéder à la table et repris sa vaisselle. En soi, elle s’en voulait énormément de lui avoir parlé comme ça. Après tout, il ne voulait que manger. Mais elle ne parvenait pas à enlever les images d’humiliations qu’il lui avait offertes. Inconsciemment, elle frotta son avant-bras. La marque qui la qualifiait se situait sous le bandage. La marque qui lui rappelait pourquoi autant de monde lui faisait ça. La marque que cette chère Gryffondor lui avait offert. Des lettres, un mot. CRACMOLE.
Faites place à Maël J. Rookwood
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Sujet: Re: Dis-moi qui tu es... Mar 13 Déc - 23:26
Un soupir. Elle n’était pas heureuse de me voir là. Un bruit assourdi par l’eau de plusieurs assiettes s’entrechoquant. Elle était plus agacée que je sois plutôt que ravie. Et ce n’était pas l’assiette, qui, dans un film muet et comique m’aurait été envoyé à la figure, aurait dit le contraire. L’homme n’avait pas besoin d’exprimer explicitement ses émotions ou ses ressentis, tout en lui pouvait le dire. Autant la voix pouvait cacher la vérité, le corps lui ne pouvait exprimer que la vérité. Et la vérité chez Norine était qu’elle ne voulait pas de moi dans cette cuisine. Mais j’étais autant chez moi dans cette cuisine qui appartenait au château, qu’elle dans n’importe quel endroit de Poudlard. Et puis, depuis que je l’avais bousculé malencontreusement, j’étais bien décidé à connaitre un peu plus cette fille qui m’intriguait. Aveugle ou pas, je n’en restais pas moins obstiné, et jamais je ne lâcherai mon objectif. L’objectif en cours : percer le mystère Norine Peters !
Le poulet était délicieux. Je m’en léchais les doigts après m’être sauvagement empiffré. Oui je n’étais pas du genre à savourer les plats, je les dévorais plus qu’autre chose. Ou alors je les avalais. Il valait mieux de m’avoir en photo qu’à table. Lorsqu’elle m’avait servit, elle m’avait appelé par mon nom de famille. Signe de distance. Mauvais. Très mauvais. Je regrettais un peu de lui en avoir fait baver l’an dernier. Je commençais à croire que… avant que je ne perde la vue : j’étais con. Jamais je ne me serai imaginé être dans la position du faible, de la victime. J’aimerais réparer mes erreurs. Pas avec tous. Non, les sangs de bourbes pouvaient toujours aller crever ! Mais j’aimerais bien réparer mes erreurs avec les cracmols … Je n’en connaissais qu’une alors c’était facile. J’étais encore un peu salop. Mais on ne pouvait pas gommer comme çà tout un mauvais caractère rien qu’en perdant la vue. J’avais changé, mais je ne tenais quand même pas à passer pour un faible. Surtout qu’un sang pur faible …. C’était pire qu’un sang pur fricotant avec un sang de bourbe … Aux yeux de mon père en tous cas.
Je suis resté dans le silence, guettant le moindre bruit qui signifierait qu’elle aurait fini sa vaisselle, mais par tous les nains, sa vaisselle durait des siècles. J’étais persuadé quelque part, qu’elle en faisait exprès. Juste pour éviter de m’adresser la parole ou pour voir si j’allais partir après manger. Et bien non, cela faisait déjà plusieurs minutes que j’avais fini de me rassasier. Le temps passait lentement … je cherchais comment briser le silence. Quoique silence … le silence entre elle et moi, car les elfes à côté, étaient bruyants. Ne fichant royalement que je sois là.
« Je suis désolé de t’avoir fait du mal l’an dernier. » . Me semblait être un bon moyen d’introduire le dialogue avec elle. Peut-être décidera-t-elle de lâcher la vaisselle. « J’ai changé, et je m’en veux de t’avoir fait subir tout ça. » D’abord s’excuser, lui assurer par la suite que je regrettais. Si elle refusait de m’adresser la parole après ça, je ne savais plus comment j’allais devoir m’y prendre. Amadouer les filles, les charmer, les attirer, … avec la vue, avec un regard, c’était tellement facile. Sans la vue c’était beaucoup plus difficile. Mais Là je n’étais plus sur le même terrain. Au lieu d’avoir une fille qui pliera en deux seconde à mon regard, j’étais face à une fille que je ne pouvais amadouer avec mon regard, et face à une fille que j’avais fait souffrir. Me moquer d’elle publiquement, l’humilier face à tous les élèves de Poudlard. Difficile de réparer ses erreurs. Mais j’y parviendrai.
Sujet: Re: Dis-moi qui tu es... Mer 21 Déc - 10:44
Les assiettes se succédaient, une à une. Elles étaient mouillées, lavées et rincées soigneusement par la demoiselle. Enfin soigneusement… Disons qu’elle ne les cassait pas. De là à prendre soin d’elles, c’était autre chose. Surtout que Norine sentait la présence de Maël derrière elle. Elle l’entendait manger le poulet, l’entendait picorer le reste. Elle le savait tout près d’elle et malgré qu’il soit aveugle, elle en avait toujours un petit peur. Oh bien sûr, il ne pouvait plus lui faire autant de mal que l’année passée, mais une personne comme lui restait telle quelle. On ne pouvait changer en un claquement de doigts un ado persuadé qu’il est supérieur aux autres. Alors même si le bonhomme était devenu une victime, même s’il avait sombré dans la nuit, Norine préférait continuer à s’en méfier. Elle ne voulait pas baisser sa garde et tomber dans un de ses pièges stupides qui finirait, de toute façon, par lui faire du mal.
Alors les assiettes se succédaient, une à une. Et cette fois-ci, Norine était prête à passer autant de temps à les nettoyer que Rookwood passerait du temps dans la cuisine. Elle ne voulait pas avoir un quelconque contact avec lui, ne voulait pas l’aider pour quoique ce soit, ne voulait pas lui adresser la parole. Elle voulait qu’il finisse rapidement son poulet et prenne la porte, s’en aille loin d’elle, retourne dans sa salle commune. Le problème étant que bientôt, il ne restait plus que le bruit des assiettes qui se succédaient. Maël ne mangeait plus. Il avait fini, donc il allait partir non ? La jeune fille risqua un coup d’œil au-dessus de son épaule pour s’apercevoir que, non, il ne comptait pas partir du tout. Enervée, elle reprit de plus belle sa vaisselle, avec plus d’entrain que nécessaire. Ce qui, forcément, provoqua la chute d’une des belles assiettes qui choisit de s’éparpiller en mille morceaux dans la cuisine.
Shit…
Sorti tout seul. La blonde se baissa pour récupérer les morceaux mais un elfe la poussa un peu avant de tout ramasser par magie. Un soupir sortit de la bouche de la jeune fille qui allait reprendre le nettoyage des assiettes. Sauf que ce nettoyage fut compromis par les paroles du Serpentard. « Je suis désolée. » Ouais, ils étaient tous désolés. En fait, Maël était le deuxième à venir lui présenter ses excuses. Sauf que c’était un peu tard pour faire des excuses, bonhomme. Elle laissa un rire jaune sortir de sa gorge, lâcha les assiettes et se retourna pour regarder le jeune homme.
Tu t’en veux peut-être, tu es sans doute réellement désolé, mais ça ne change pas l’être immonde que tu as été. Ne pense pas, ne serait-ce qu’une minute que je vais te pardonner aussi facilement. D’ailleurs, ne pense pas, ne serait-ce qu’une minute que je vais te pardonner tout court.
Bon, en soi, elle était tout de même soulagée de savoir qu’il s’en voulait et qu’il regrettait. Bien qu’au fond, elle se demandait tout de même si ce n’était pas un nouveau piège qu’il lui tendait, histoire de lui faire encore plus mal par derrière. Le jour où il l’avait bousculé, le jour où elle s’était excusée sans avoir vu, au départ, de qui il s'agissait, elle était tombée de haut. Bon, ok, il n’avait pas vu qui il avait bousculé mais jamais elle n’aurait pensé qu’il puisse accepter ses excuses, surtout venant d'elle. Cela l’avait énormément intriguée et elle s'était enfuie avant qu'il ne change d'avis et ne lui en mette plein la gueule. Le fait qu’il était dans la même pièce qu’elle en ce moment-même sans même chercher à lui faire du mal était tout aussi intriguant. Bon, ok, il était devenu aveugle et était devenu une victime. Mais de là à ce qu’il cherche à renouer un contact positif avec ses propres victimes ? C’en était tout de même bizarre.
J’ai pas passé la meilleure année de ma vie. Et tu n’y étais pas pour rien. Alors comment penses-tu que je puisse te pardonner sur un simple désolé ? Je ne vais pas pouvoir tourner la page facilement. Oui je vais continuer à me méfier de toi dans les couloirs, oui je vais continuer à avoir peur de toi. Mais après tout, c’est ce que tu cherchais. Pourquoi changer cette puissance que tu avais sur moi ?
Tous ces mots avaient été balancés avec une voix ironique, une voix cassante et froide. Non petit Rookwood, ce ne sera pas bien facile d’apprivoiser la cracmole.
Dernière édition par Norine Peters le Mar 10 Jan - 11:44, édité 1 fois
Faites place à Maël J. Rookwood
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Sujet: Re: Dis-moi qui tu es... Lun 9 Jan - 22:08
Un rire. En temps normal, lorsqu’une femme riait, c’était plutôt séduisant. Mais là … son rire me laissait perplexe, et j’avais vraiment l’impression qu’elle se foutait de ma gueule. Ce n’était pas souvent qu’une fille se moquait de moi. Enfin pas quand j’étais voyant. Aujourd’hui oui, ça arrivait, un peu plus souvent. Mais c’était dur d’accuser le coup venant de Norine. Un silence, court, mais où je sentis son regard se poser sur moi. J’avais encore du mal à accepter qu’on me regarde alors que je ne voyais pas la personne. Comment me regardait-elle ? Etait-ce un regard de reproche ? De Haine ? Son regard était pesant, de même que les mots qu’elle prononçait par la suite. « Tu t’en veux peut-être, tu es sans doute réellement désolé, mais ça ne change pas l’être immonde que tu as été. Ne pense pas, ne serait-ce qu’une minute que je vais te pardonner aussi facilement. D’ailleurs, ne pense pas, ne serait-ce qu’une minute que je vais te pardonner tout court. » J’étais déjà mal à l’aise avec elle avant, mais alors là, c’était le comble. Je n’étais pas non plus habitué à me faire refourguer de la sorte par une fille, pas habitué qu’une fille me fasse me sentir aussi mal. J’étais un être immonde à ses yeux. Je venais de prendre conscience encore un peu plus du garçon que j’étais avant.
Mais lorsque je l’avais bousculé, sans savoir que c’était elle. Cet échange, si bref fut-il, sa réaction si naturelle sans même prendre conscience que c’était moi : Maël Rookwood, celui qui lui en avait fait baver. Cette naïveté inconsciente devant le garçon qui a été son bourreau l’an dernier … m’avait touché, et intrigué. Je voulais connaitre cette fille qui avait réagis sans même se rendre contre que c’était moi. Ces quelques secondes, je les avais appréciés en sa compagnie. Surtout qu’elle ne m’ait pas accusé de troll l’ayant bousculé, comme le faisaient les autres. Les Ombres de la Rose Noire principalement. Ceux de l’Ordre m’évitaient, et les Modérés, compatissaient pour une grande part d’entre eux.
« J’ai pas passé la meilleure année de ma vie. Et tu n’y étais pas pour rien. Alors comment penses-tu que je puisse te pardonner sur un simple désolé ? Je ne vais pas pouvoir tourner la page facilement. Oui je vais continuer à me méfier de toi dans les couloirs, oui je vais continuer à avoir peur de toi. Mais après tout, c’est ce que tu cherchais. Pourquoi changer cette puissance que tu avais sur moi ? » Allez prend ça dans ta gueule Rookwood. Si le naturel de cette fille m’avait touché, sa franchise directe m’avait giflée de plein fouet. Elle avait du caractère la petite cuisinière en fait. Dommage que je ne l’ai pas remarqué avant de me moquer d’elle, je suis sûr qu’on aurait pu s’entendre. Bon, ça aurait été extrêmement compliqué sur son statut, mais elle avait du caractère, et j’aimais les filles avec du caractère. Je ne voyais qu’une seule solution pour briser la carapace de Norine avec moi. M’excuser à genoux n’y ferait rien, elle était trop têtue pour changer d’avis sous les excuses. Et puis je n’étais pas encore assez faible pour me mettre à genoux pour qu’une fille me pardonne. Peut-être que la sincérité ferait son effet ? Je n’avais rien à perdre de toute façon. Sauf peut-être de me mettre la demoiselle plus encore à dos. Essayons d’éviter quand même. Bon … « Quand je t’ai bousculé, tu t’es excusée, sans même réaliser que c’était moi. Tu aurais pu m’ignorer ou m’engueuler, mais tu t’es excusée. Je ne suis pas habitué à ce qu’on s’excuse quand je bouscule les gens depuis que j’ai perdu la vue. Pour une grande partie je l’ai mérité. C’était peut-être inconscient ou involontaire de ta part de t’excuser, mais ça m’a touché. J’ai bien conscience que tu ne vas pas me pardonner aussi facilement que ça, mais j’aimerais bien. J’attendrai le temps qu’il faudra. » Mais pas trop non plus. Voilà, je lui avais tout balancé. Comment allait-elle prendre la chose ? Si mes talents de séducteurs ne m’aidaient pas, je ne voyais pas comment faire. J’attrapais les filles par la séduction, pas par autre chose. Mais Norine était différente. Nom d’un Scrout ! Ce que les filles pouvaient être compliquées ! Mais je n’allais pas abandonner comme ça. J’irai jusqu’au bout.
« Dis-moi ce que je peux faire pour me faire pardonner. » dans la limite de ce que je peux faire sans trop me rabaisser, bien évidement. Je n’hésiterai pas à dire non de toute façon.
Sujet: Re: Dis-moi qui tu es... Mar 10 Jan - 12:34
Elle ne se sentait pas à l’aise du tout. Et que Maël soit aveugle n’arrangeait pas les choses. Elle ne savait pas si elle devait le regarder ou poser son regard ailleurs. Elle ne savait pas si elle devait lui montrer de la compassion ou si elle devait le considérait comme le Maël qu’il avait toujours été avec elle. Quoique, pour cette dernière option, elle voyait bien que le garçon cherchait à s’excuser de ce qu’il lui avait fait endurer et cherchait à devenir un nouveau Maël avec elle. Mais même si elle voyait bien les efforts qu’il faisait, c’était plus fort qu’elle : elle ne parvenait pas à passer outre et à faire comme si rien ne s’était passé. Elle ne parvenait pas à pardonner ni même à faire confiance. Et pourtant, elle avait bien envie d’avoir un nouvel « allier », d’avoir un ennemi en moins. Au moins, elle se cacherait d’une personne en moins dans les couloirs.
Elle laissa donc son rire jaune et ses mots couler. Elle savait que ce n’était pas l’attitude que le garçon attendait mais elle ne voulait pas lui rendre la chose facile. Après tout, il ne lui avait jamais rendu la chose simple, lui. Elle voyait bien qu’il n’était pas dans son assiette, qu’il ne se sentait pas forcément bien. Ca changeait de le voir dans cet état plutôt qu’en tant que dominant. Mais elle ne se sentait pas forcément fière d’être le point dominant du moment. Elle n’aimait pas être une victime et comprenait le mal-être de Maël. Elle avait juste envie de mettre les choses au point, histoire qu’il comprenne qu’il avait beau s’excuser, ça n’effaçait pas ce qu’il lui avait fait auparavant. Même s’il était un Rookwood, elle ne voulait pas s’abaisser et le pardonner sur un simple « je suis désolé ».
De nouvelles paroles sortirent de sa bouche alors qu’elle était appuyée contre l’évier, plein de vaisselles. Ce n’était pas dit qu’il comprenne à quel point elle avait mal vécu l’année passée mais elle avait envie d’essayer. Juste au cas où. Seulement Norine était aussi une personne assez douce et tendre et lorsqu’elle finit son discours, elle se sentit mal. Elle n’aimait pas faire du mal aux autres et elle voyait bien que ses paroles avaient touché le garçon. Elle était prête à céder… Comme d’habitude…. Faible Norine, tu es faible !
Elle allait reprendre en s’excusant lorsque le Serpentard prit à son tour la parole. Des paroles qui la firent frissonner. Alors c’était ça ? Elle l’avait… touchée ? Elle resta muette un moment. Il n’avait pas eu tort quand il disait que c’était involontaire de sa part. Si elle s’était excusée c’était par automatisme. Elle avait l’habitude de s’excuser à la place des autres, l’habitude de se rabaisser devant les autres. Alors si elle s’était excusée, c’était bien par automatisme. Et cet automatisme l’avait touché. Il cherchait alors quoi ? A se faire pardonner d’avoir été horrible avec elle ? Parce qu’elle-même s’était excusée à sa place ? La jeune fille sourit. Finalement, il avait l’air de réellement changer le Rookwood !
Elle resta muette un moment, un sourire sur les lèvres, les traits détendus. Elle se rapprocha du garçon et s’installa en face de lui. Elle n’arrivait pas à détacher ses yeux des siens. Elle ne parvenait pas à imaginer quel effet ça devait faire d’être aveugle.
J’ai été surprise quand tu as choisi de ne pas m’engueuler dans ce couloir. Je ne m’y attendais pas. Et maintenant, je t’avoue être complétement sur le cul. Je sais qu’avec… ton handicap… ta vie a dû changer. Je sais que tu dois sentir les choses autrement maintenant. Mais j’avoue avoir du mal à comprendre comment tu peux passer d’une personne qui me faisait du mal à une personne qui cherche à se faire pardonner. Je ne suis pas contre hein, bien au contraire ! Juste que ça me laisse perplexe et malgré moi… méfiante.
Sa voix avait été, cette fois-ci, calme. Calme, douce et tendre. Elle avait juste envie de comprendre, juste envie de ne plus se méfier, juste envie d’y croire. Finalement, à la dernière phrase de Maël, Norine eut un grand sourire espiègle que le garçon ne pouvait voir.
T’es prêt à aller jusqu’où pour te faire pardonner ? Ouch, question dure. Certainement qu’il n’était pas prêt à tout,c’était juste une question rhétorique. Es-tu prêt à passer une soirée dans ma peau, dans la peau d’un cracmol, sans utiliser ta baguette ? Je peux te montrer comment je vis. Elle ne savait pas s’il était prêt à devenir un cracmol le temps d’une soirée mais elle savait que s’il acceptait, il y avait moyen de passer une bonne soirée.
Faites place à Maël J. Rookwood
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Sujet: Re: Dis-moi qui tu es... Mar 10 Jan - 17:31
Je ne cherchais pas à devenir un nouveau mec. Perdre la vue m’avait changé, inconsciemment. J’étais plus vulnérable, plus sensible aux choses. Je ne voyais plus le monde qui m’entourait, mais je le ressentais et il était différent, plus hostile. La vue me donnait confiance en moi. Une confiance que j’avais perdu, mais que je tentais de retrouver. Avec la vue je n’étais pas un très grand sentimental. J’ai toujours eu un petit côté romantique et sentimental, mais complètement masqué par mon orgueil et ma prétention. J’étais encore un peu orgueilleux, mais je n’avais plus vraiment la prétention d’être un mec issu d’une noble famille de Sang Pur. Vulnérabilité. Je ne savais jamais sur quoi j’allais tomber. Après l’attaque du train, je me suis renfermé sur moi-même. J’ai mis longtemps à accepter ce que j’étais devenu. Je commençais tout juste à l’accepter. La présence de Norine m’aidait, étrangement. Peut-être parce qu’elle pouvait me comprendre aussi. Elle vivait dans un monde de sorcier où elle n’avait pas une brindille de magie en elle. Je vivais dans un monde d’orgueil où, sans la vue j’étais invisible. Je comprenais aussi un peu ce qu’elle pouvait ressentir. C’était moche de ma part de l’avoir fait souffrir. Je m’en voulais, mais je ne pouvais pas réparer mes erreurs passées, seulement arranger le présent. Quoi qu’un retourneur de temps aurait fait l’affaire.
Elle était restée silencieuse suite à ma déclaration. Mais la tension semblait s’être détendue. Ça m’énervait de ne pas voir son visage dans ces silences. Un sourire ne faisait pas de bruit, de même qu’un roulement d’yeux. Un visage laissait transparaitre les sentiments. Et c’était injuste qu’elle puisse voir mes réactions sur mon visage, même s’il était moins expressif aujourd’hui, mais que moi je ne puisse pas voir ses réactions. Je sentis un courant d’air, et son odeur, se rapprocher de moi. Ses pas m’indiquaient qu’elle se rapprochait de moi, qu’elle s’était arrêtée face à moi. J’essayais de mettre mon visage face au sien, mais j’étais quasiment sur que mon nez était trop dirigé sur la droite ou la gauche. Tant pis ! « J’ai été surprise quand tu as choisi de ne pas m’engueuler dans ce couloir. Je ne m’y attendais pas. Et maintenant, je t’avoue être complètement sur le cul. Je sais qu’avec… ton handicap… ta vie a dû changer. Je sais que tu dois sentir les choses autrement maintenant. Mais j’avoue avoir du mal à comprendre comment tu peux passer d’une personne qui me faisait du mal à une personne qui cherche à se faire pardonner. Je ne suis pas contre hein, bien au contraire ! Juste que ça me laisse perplexe et malgré moi… méfiante. » Moi non plus je ne m’y attendais pas de réagir comme ça. J’étais encore un peu surpris. « Je ne suis pas passé du méchant garçon au gentil garçon volontairement. Je ne m’excuse pas au près de tout ceux que j’ai blessé en fait. La liste serait longue, et je n’ai pas franchement envie de passer mon temps à demander pardon. Il n’y a qu’à toi que j’ai présenté mes excuses en fait pour l’instant. » Les autres pouvaient aller se faire voir. Je me retrouverais peut-être un jour dans une situation où des excuses s’imposeront, mais je n’ai pas envie de passer pour un lâche qui n’assume pas son passé. Certains l’avaient vraiment mérité en plus ! La voix de Norine s’était radoucit. Je souriais légèrement, j’avais réussi à percer sa carapace. Un petit pas pour l’humanité mais un grand pas pour Maël Rookwood ! « T’es prêt à aller jusqu’où pour te faire pardonner ? » J’aurais du la voir venir celle-là en lui demandant ce que je devais faire pour qu’elle me pardonne. « Hum … Pas plus loin que les cuisines. » « Es-tu prêt à passer une soirée dans ma peau, dans la peau d’un cracmol, sans utiliser ta baguette ? Je peux te montrer comment je vis. » Le piège ! Mais ça pouvait être drôle. Et puis je sentais dans sa voix qu’elle avait baissé sa méfiance. Je n’étais plus à ça prêt a vrai dire : j’avais perdu la vue, une relation équivalente à zéro avec mon père, plus beaucoup de personne sur qui compter dans le château … se prendre pour un cracmol une soirée. L’idée me dérangeait un peu, car sans la vue et sans ma baguette, c’était être comme un moldu. Ça me faisait un peu peur rien que d’y penser, mais ce n’était que pour une soirée après tout … « J’accepte ! Seulement si tu ne te moques pas, et si tu acceptes qu’un autre jour je te montre comment moi je vis, sans la vue. » Je savais qu’elle se moquerait quand même de moi, car ma baguette était l’extension de ma main. Mais je savais également que si elle acceptait de se mettre dans ma peau, ça me permettrait de la revoir. Je rangeais ma baguette dans ma poche, un peu à contre cœur. Me laissant fasse à l’inconnu. « Alors ? On fait quoi sans baguette ? » Dis-je, accompagné d'un sourire.
Sujet: Re: Dis-moi qui tu es... Jeu 12 Jan - 11:00
Elle était toute proche du garçon. A vrai dire, elle n’avait jamais été aussi proche sans qu’il ne lui fasse quoique ce soit. Mis à part la bousculade, bien évidemment. Et maintenant qu’elle était près de lui, elle l’observait. Elle était consciente que le regarder alors que lui ne voyait rien n’était surement pas une chose très polie mais elle ne pouvait s’empêcher de le regarder. Elle essayait de le voir sous un angle différent. Là tout de suite, elle n’avait pas peur de lui aussi parvenait-elle à voir des traits fins, doux et tendres sur le visage du garçon. Finalement, on ne connaissait jamais assez bien ses ennemis. Si ça se trouvait, Maël était un jeune homme tendre avec beaucoup de personnes. Elle n’en faisait juste pas partie. Et mine de rien, elle pouvait même dire qu’il avait de beaux traits. Oui, Maël était un bel homme. Elle essaya de le comprendre, de comprendre son attitude nouvelle envers elle. Et ce qu’il lui répondit lui offrit un sourire. Alors comme ça, il n’avait présenté ses excuses qu’à elle ? Bizarrement, elle aimait bien être la seule. Comme tout le monde à vrai dire… Mais voir que le garçon cherchait à se faire pardonner en particulier à elle lui faisait tout de même plaisir.
Je suis touchée que tu cherches à te rattraper avec moi.
Un nouveau sourire, invisible aux yeux du Serpentard, apparut sur ses lèvres. Elle commençait à se radoucir et espérait ne pas se faire prendre pour une idiote. Elle sentait, quelque part, que le jeune homme était sincère et cela lui faisait un grand bien. Savoir qu’elle avait un ennemi en moins était toujours quelque chose d’agréable. Maintenant, elle se devait de ne pas décevoir le garçon et d’être une personne agréable avec qui passer du temps. Parce qu’autant le garçon venait s’excuser pour ses actes, autant elle avait conscience que si sa personnalité ne lui plaisait pas, il regretterait et pourrait redevenir le pourrisseur de vie qu’il avait été.
Elle eut alors une idée qu’elle n’espérait pas trop mauvaise. En vrai, en la proposant à voix haute, elle eut peur que Maël la prenne pour une folle et s’enfuit. Oui parce que, maintenant qu’il était là, autant profiter de sa présence pour s’amuser un peu. Elle ne voulait pas lui faire peur, elle savait bien qu’un sorcier sans baguette était vulnérable et ne savait vraiment pas trop quoi faire. Ils étaient tellement dépendants de leur bout de bois… S’en était presque désespérant ! Bien sûr, elle avait toujours rêvé d’en posséder une elle-même mais il ne s’agissait que d’un rêve carrément irréalisable. En revanche, le contraire était réalisable et elle venait de partager son idée au garçon. A sa surprise, il accepta sans hésitation. Un sourire énorme se posa sur ses lèvres. Alors comme ça, il était prêt à vivre sans baguette pendant une soirée entière pour se faire pardonner ! Mais trop d’enfer ! Pour sûr qu’ils allaient en passer une bonne, de soirée. Bien évidemment, il posa ses conditions, un échange que Norine apprécia.
Ca me semble juste. J’accepte aussi !
Ils étaient donc amenés à se revoir dans les jours qui suivaient. Ce n’était donc pas un simple pardon pour passer à autre chose. Il cherchait autre chose avec elle. Et finalement, elle n’était pas contre. Cependant, elle voyait déjà les autres élèves de Serpentards ou les membres de l’Ombre insulter Maël. Après tout, toute personne qui s’intéressait à la demoiselle sans mauvaises pensées passait pour un imbécile. Etait-il prêt à vivre ceci ? Pour son bien-être, Norine ne parlerait pas de cette soirée. Elle n’avait pas forcément envie que Maël en prenne plein la figure parce qu’il lui avait présenté ses excuses. Ce n’était pas juste pour lui et qui plus est, il devait souffrir déjà assez pour ne pas à supporter ça en plus.
Il rangea sa baguette, ce qui, au fond d’elle-même, soulagea Norine. Elle n’avait jamais été très à l’aise face à un sorcier qui avait sa baguette dans sa main ou proche d’elle. Ce qu’on faisait sans baguette ? Tout ce que les sorciers ne font pas par pur flemme. Elle sourit, se leva de la table et prit la main, délicatement, du garçon.
Suis moi. Elle le mena jusqu’au fond de la cuisine, le guidant, doucement, histoire de ne pas le brusquer et de le mettre en confiance. Elle ne savait pas ce qu’il ressentait quand elle le menait mais à sa place, elle savait qu’elle serait assez récitante et méfiante et qu’elle aurait une once de peur au fond d’elle. Peur de heurter quelque chose. Bientôt, les deux jeunes se trouvaient face au placard qui comportait tout l’attirail de la bonne femme de ménage. Un peu de ménage, ça te dit ? C’était évident que ça ne lui disait pas. Après tout, tout le monde détestait faire le ménage. Mais d’un autre côté, dans cette pièce-ci, c’était bien la seule chose qu’il y avait à faire. Si elle voulait le faire vivre comme elle, réellement, ils devaient parcourir tout le château et ça risquait d’être un peu long. Sans compter que n’importe qui pouvait les voir. Elle attrapa un chiffon qu’elle donna au jeune homme et en récupéra un second pour elle-même. Et comme elle en avait fortement l’habitude, elle mit la musique en route. Juste en fond, pour les motiver un peu. Elle lui attrapa de nouveau la main et le guida jusqu’à une étagère. Le but ? Enlever le maximum de poussière. La poussière dans les petits plats, c’pas tip top. Avec douceur, elle prit la main du Serpentard qui tenait le chiffon et la posa sur l’étagère. Elle entreprit de faire des petits ronds puis lui lâcha la main pour s’y mettre à son tour. T’as juste à faire des ronds, un peu partout sur l’étagère. Ah et je te préviens d’avance, c’est long et chiant à mourir. D’ailleurs, c’bien pour ça que la musique est là !
Norine avait toute sorte de musique. Des musiques sorcières comme des moldues. Et à ce moment-là, c’était bien une chanson moldue qui passait. Elle se mit alors à chanter, tout en astiquant l’étagère, enlevant les grains de poussière.
Everybody needs somebody Everybody needs somebody to love Sweetheart to miss Sugar to kiss
I need you you you I need you you you I need you you you I need you you you
La musique l’entrainait et elle commençait à danser tout en chantant. Sa main était vigoureuse et elle nettoyait l’étagère par automatisme, le faisant assez rapidement. Elle espérait qu’il ne se lasse pas trop vite du ménage. Elle serait obligée de trouver autre chose à faire… Et réfléchir, là tout de suite, maintenant, elle avait un peu la flemme à vrai dire.
Faites place à Maël J. Rookwood
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Sujet: Re: Dis-moi qui tu es... Ven 13 Jan - 22:29
Je sentais son regard posé sur moi. Il était idiot de penser qu’on pouvait voir un aveugle sans être vu. Sans être vu, oui. Mais pas sans être ressenti. Je sentais son regard sur mon visage. Mais je n’avais pas envie de lui dire que je savais qu’elle me regardait. Son regard n’était pas agressif. Je le ressentais. « Ca me semble juste. J’accepte aussi ! » J’en étais ravis ! Nous allions donc nous revoir. J’étais déjà impatient de lui faire découvrir mon monde. Aussi impatient que de découvrir le sien, même si sans baguette je me sentais désarmée, et encore plus vulnérable. La perte de ma vue m’avait rendu vulnérable, et ma baguette était ce qui m’aidait à garder un peu de force pour affronter le regard des autres. J’espérais seulement qu’elle ne me ferait pas sortir de la cuisine. Si l’on me voyait en sa compagnie je risquais de m’en prendre plein la gueule et de garder le statut de souffre-douleur jusqu’à la fin de ma septième année. Et encore ! Le monde des sorciers était petit, bien trop petit, et même après on s’en souviendrait encore. Je lui avais présenté mes excuses et avais accepté de la connaitre, mais je ne voulais pas que les autres soient au courant. « Suis-moi. » Elle me prit la main. Je ne m’y étais pas attendu, et le contact de nos peau me surpris. Sa peau était douce, et chaude, certainement à cause de l’eau chaude de la vaisselle. Ses doigts étaient fins. Mais après ce contact si soudain, elle me tira, doucement pour que je la suive. Un élan de panique m’envahit. Et par instinct de protection mon centre de gravité resta quelques secondes collé au banc, avant que ma conscience donne le signal à l’ensemble de mon corps que je pouvais me lever. Mon cœur battait la chamade, mais je lui faisais confiance. Il était difficile pour un aveugle de faire confiance aux gens, mais quelque chose me disait, tout au fond de moi-même que je pouvais faire confiance en cette fille. La peur se propageait dans chaque partie de mon corps, un peu plus à chaque pas. Mon autre main, la main libre cherchait autour de moi les éventuels obstacles. Elle s’arrêta, avant moi, qui dans mon élan allait continuer à marcher. Mais le contact de l’armoire avec ma main libre m’arrêta. « Un peu de ménage, ça te dit ? » « Du quoi ?! » Le ménage … chose bien inconnu dans mon monde. Bien sûr je savais en quoi ça consistait. Je savais ce que voulait dire le mot, ce que c’était. Mais comment ça se passait … non. Chez les Rookwood c’était les elfes de maisons qui s’en occupaient. Et comme chacun le savait, les elfes de maisons étaient discrets. Mais bon, ne sachant pas ce que c’était que « faire le ménage », ignorant totalement comment ça se faisait, par pure ignorance et naïveté de la chose, j’ai accepté. Elle me mit un bout de tissu dans la main. Sur le coup j’aurais préféré garder sa main dans la mienne, elle était beaucoup plus douce et plus agréable que ce tissu rêche et froid. Elle mit de la musique, ce qui me fit sourire. Les elfes de maisons au Manoir Rookwood ne mettaient pas de musique. « Le but ? Enlever le maximum de poussière. La poussière dans les petits plats, c’pas tip top. » La poussière … oui, bien évidement ! La poussière. Comment j’allais faire pour savoir si je passe bien à un endroit où il y a de la poussière. A moins de toucher avant de passer le chiffon … idée peu ragoutante. Voyant ma perplexité face à la chose, elle prit ma main, pour me montrer comment faire. Pas idiot comme idée, parce que j’aurais jamais eu l’idée de faire comme ça. « T’as juste à faire des ronds, un peu partout sur l’étagère. Ah et je te préviens d’avance, c’est long et chiant à mourir. D’ailleurs, c’bien pour ça que la musique est là ! ». Chiant était faible comme mot. A peine commencé ça me gavait déjà. « Je comprends l’utilité de la musique… ». Je ne connaissais pas la musique, mais elle donnait du rythme. S’il y avait bien un truc que je ne reprochais pas aux moldus, c’était leur sens du rythme et leur musique. Ils faisaient vraiment de la bonne musique. Je passais le chiffon en rythme avec la musique. Ca retirait tout le côté désagréable du ménage en fait. Quoi que … « Tu fais ça et la vaisselle toute la journée ? Sérieusement ? Il n’y a pas d’autres trucs ? Avec des balais ? Parce que je suis douée sur un balai, plus qu’avec un chiffon. Bon pas sûr qu’on monte sur un balai pour faire le ménage, mais ça me paraitra déjà plus familier que ce bout de tissu … Même si c’est cool. » En fait, avec la musique, je ne trouvais pas assez drôle de faire les poussières, mais j’avais une idée pour s’amuser avec des balais. Et puis le chiffon me paraissait ingrat comme outil de travail. Alors qu’un balai ! Un balai c’était sorcier ! Un chiffon était moldu. Le balai avec bien plus de classe !
Elle voyait bien qu’il était difficile au jeune homme de se faire guider. Lorsqu’elle lui avait pris la main, elle avait senti sa réticence. Elle savait que ce n’était pas facile et s’il ne voulait vraiment pas se faire guider, elle n’insisterait pas. Mais il finit par se lever et la laissa le mener au placard. Quelque part, elle l’admirait. Après tout, ça ne devait vraiment pas être facile de vivre dans le noir continuellement, de ne pas voir les obstacles, de ne pas voir le visage des gens. Au moins, il n’était pas né aveugle, il connaissait au moins l’image des choses, les couleurs. Il « voyait » ce dont les gens parlaient et connaissait le visage des personnes avec qui il discutait. Ça ne devait pas en être plus facile pour autant. Au contraire. Passer de la clarté à l’obscurité avait dû le mettre au plus mal. Deux jeunes qui n’avaient pas une place adéquate dans ce monde, voilà ce qu’ils représentaient, Maël et Norine. Deux jeunes rejetés de la société pour cause de différence. Deux jeunes qui devaient se battre pour survivre. Deux jeunes avec des particularités qui effrayaient les autres. Un nouveau sourire s’afficha sur les lèvres de la blonde alors qu’elle marchait encore devant le garçon. Bien sûr, il devait se battre plus qu’elle dans ce monde où les plus faibles n’avaient pas de places. Mais elle comprenait son mal-être.
La proposition qu’elle avait faite au jeune homme ne semblait pas trop lui plaire. Ce qui tira, malgré elle, un rire à la cuisinière. Bienvenue dans mon monde ! Elle lui offrit un chiffon et lui montra gentiment comment s’y prendre avant de se mettre elle-même au travail tout en suivant le rythme de la musique et en chantant le refrain avec entrain. Elle savait que la musique pouvait faire des miracles. Quand elle étudiait chez les moldus, elle avait fait partie d’une chorale. C’était bien la seule chose qui la motivait à aller à l’école. La chorale, la musique, le chant l’avaient envoûtés et l’avaient aidée à se sentir bien dans l’établissement. Au moins, elle avait tenu quelques années grâce à ça. Aujourd’hui, la chorale lui manquait mais la musique avait pris une telle place dans sa vie qu’elle avait un peu beaucoup de mal à passer du temps sans en écouter. Elle avait toujours besoin de l’énergie que procuraient les mélodies pour avancer. Comme quoi, il n’en fallait pas beaucoup. Maël se lassa bien vite du bout de tissus et en fit part à la jeune fille qui rit de nouveau. Elle savait bien que ça ne durerait pas, mais au moins, elle avait eu le temps de faire trois étagères, c’était déjà ça de moins à faire plus tard.
Oui ça, la vaisselle, et les plats, je les prépare aussi. Quant aux restes qui ne peuvent pas être gardés… J’en mange de temps en temps et les garde pour moi s’ils sont vraiment bons. Il fallait bien avoir des avantages. A vos ordres M’sieur !
Elle se dirigea vers le placard où elle tira deux balais et revint vers le garçon avant de lui reprendre le chiffon et de lui glisser le manche dans les mains. Elle lui prit l’autre main et le mena un peu plus au milieu de la pièce, loin des étagères. Elle n’avait pas envie de risquer la vaisselle posée dessus…
Je t’en prie, montre-moi ce que tu sais faire d’un balai.
Celui-là n’était nullement magique. Il pouvait toujours essayer de voler avec, il ne parviendrait qu’à se ridiculiser devant la blonde. Elle s’éloigna un peu du jeune homme et la musique, elle, se changea en bon vieux rock entrainant. Norine se mit à taper du pied, au rythme de la musique et sentit son corps vouloir bouger et danser. C’était bien souvent que, seule, la demoiselle se mettait à danser. Mais non, là, elle était en compagnie de Maël et même s’il ne voyait rien, elle ne danserait pas. Du moins, pas seule.
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Sujet: Re: Dis-moi qui tu es... Jeu 2 Fév - 22:20
La différence. Une chose qui n’avait pas sa place dans mon monde. Pas dans un monde magique. Elle effrayait, elle était repoussante. Elle ne permettait pas de se hisser au plus haut. Dans mon monde il fallait correspondre à des archétypes, pour se faire une place. Etre un sang pur dans un premier temps. Ne surtout pas partager les opinions de l’Ordre du Phénix. Détester les moldus. Tout cela j’y consentais. Je l’approuvais, c’était dans la norme. Mais si en plus de cela vous n’aviez pas physiquement tous vos moyens vous n’étiez plus un sorcier entier. C’était en tous cas mon ressentis. Sans la vue, qu’est ce qu’un sorcier peut devenir ? Un sorcier aveugle est incapable de voler sur un balai, incapable de jeter correctement des sortilèges, incapable de suivre a la lettre les étapes d’une potion, incapable de voir s’il met les pieds dans la bouse ou non … un sorcier aveugle n’est plus qu’une moitié de sorcier. Je ne l’approuvais pas, et je comptais bien prouver au monde que d’être dans le noir ne faisait pas de moi quelqu’un d’invisible. J’avais toujours vécu sous les feux des projecteurs. J’ai toujours été quelqu’un. Doué et intelligent en cours, populaire au près des autres, remarquable sur un balai … je n’étais pas près d’abandonner tout ça en même temps que ma vue. Certes, je ne souhaitais plus être le même qu’avant, mais je ne voulais pas qu’on m’oublie. Etre un sorcier invisible et insignifiant me terrorisait. Chez les Rookwood on savait se faire connaitre. Mon oncle, Augustus Rookwood était bien connu de tous, mon grand père également, ainsi que mon père ayant une place importante au sein du ministère. Je me devais également de faire ma place dans le monde sorcier. J’y parviendrai … Mais s’ils me voyaient là, avec un chiffon ou un balai entre les mains, j’étais bon pour faire une croix sur mon héritage et d’être renié de ma famille. Mon père, ne supportant déjà pas de me voir aveugle, alors de me savoir faisant le ménage avec une cracmole … je voyais déjà planer au dessus de ma tête la honte de toute la famille. Entre le cœur et la raison, il allait falloir que je fasse attention de bien les garder à l’écart l’un de l’autre. Si mon père apprenait que je fréquentais Norine … non je ne préférais pas y penser.
« A vos ordres M’sieur !» Je l’entendais se diriger vers le placard avec les balais dedans, le bruit des balais, même non magique, se cognant entre eux me paraissait comme une mélodie. Une douce mélodie qui me rappelait le terrain de Quidditch. Elle frôla mes doigts, pour reprendre le chiffon et me glisser le balai entre les doigts. Le contact avec le bois du manche a balai me fit reprendre confiance en moi. Très, mais alors très stupide réaction puisque j’avais là dans la main un balai des plus banals, qui ne volait pas. Mais ça restait un balai ! Pas la même fonction mais le même aspect … enfin presque. Une fois de plus elle prit ma main, sans prévenir. Je n’avais pas l’habitude qu’on me prenne par la main soudainement pour m’emmener dans une direction. Et ma réaction était une fois de plus la même : hésitante au départ, avec un geste de recul, avant de la suivre. « Je t’en prie, montre-moi ce que tu sais faire d’un balai. » J’ai souris. « Je sais faire plein de choses avec un balai, à peu près tout ce qu’on peut faire avec un balai en fait ! Sauf le ménage … » J’ai attendu que la chanson se finisse, pour qu’une autre commence. Je laissais le début de la chanson parvenir à mes oreilles. Puis prenant le balai de pleine main, mon pied gauche tapant le sol en rythme. « Prends-en de la graine ! » Lui dis-je avant que le refrain n’arrive. J’aurais bien fait un clin d’œil pour accompagner mes paroles, mais difficile de faire un clin ne sachant pas si de un : elle allait regarder ; de deux : si mon regard était bien dirigé vers elle et non vers un elfe de maison. J’imaginais déjà la scène si je faisais un clin d’œil a un elfe de maison grincheux et mal luné. Bref, je me mis à chanter. Très mal. Je n’avais jamais chanté, sauf sous la douche. Et ce n’était pas les chanteurs de douche qui allaient devenir de grandes stars, qu’on se le dise. Elle allait certainement se moquer de moi en m’entendant chanter. Mais j’assumais pleinement. Et puis je ne cherchais pas à l’impressionner par mes talents de chanteurs. « I can't get no satisfaction I can't get no satisfaction 'cause i try and i try and i try and i try I can't get no, i can't get no !» Je jouais avec mon balai comme si c’était un micro, attendant qu’elle me rejoigne. «Allez viens, ne me laisse pas massacre cette chanson. »
Les amis de Norine ne couraient pas tellement les couloirs. Elle en avait, bien sûr, mais pas des masses. Ou alors, ils ne faisaient pas partis de Poudlard. A vrai dire, elle avait énormément d’amis en dehors du château, des personnes qui faisaient partis de l’Ordre et qui faisaient facilement abstraction de son statut. Des personnes qui la respectaient en tant que personne, en tant que femme et qui oubliaient qui elle était. Dans le manoir, il était plus dur de faire abstraction de sa cracmolité. Quand elle traversait les couloirs, les élèves la suivaient du regard comme si elle était une tare. Il y avait d’un côté ceux qui savaient qui elle était et qui, soit la méprisaient, soit la plaignaient, et de l’autre, ceux qui ne la connaissaient pas et qui se rendaient compte qu’ils ne l’avaient jamais vus auparavant. Ceux-là, elle les intriguait. Certains d’entre eux cherchaient absolument à savoir qui elle était d’autres préféraient l’observer. Peu d’élèves l’ignoraient. Seuls ceux qui la considérait réellement comme une moins que rien passaient leur chemin sans lui jeter un regard. Keating avait fait partie de cette catégorie. Lorsque Norine avait appris sa mort, en octobre, elle en était restée surprise. Ça ne ressemblait pas à la Gryffonne de se suicider. Surtout qu’apparemment, la jeune fille aimait éperdument Icare… Et puis Hélène avait toujours été une fille hautaine qui se sentait surpuissante alors pourquoi choisir la mort, la lâcheté ? On ne peut pas dire que Norine avait été heureuse de cette nouvelle. Bien sûr, maintenant, elle ne l’aurait plus sur le dos. Bien sûr, Norine avait plus d’une fois espérait ne plus la rencontrer dans les couloirs. Mais jamais elle n’avait pensé à sa mort. La mort, c’était trop radical. Norine préférait penser au changement de comportement. Seulement c’était un changement bien difficile pour une personne qui avait toujours prôné la supériorité des sang-purs. Et pourtant, Maël commençait à adopter ce changement. La perte de sa vue lui avait donné le besoin de se rapprocher d’une personne qui ne le jugerait pas, d’une personne qui pouvait comprendre ce qu’il vivait. Norine.
La jeune savait qu’il n’agissait ainsi que parce qu’il était devenu aveugle et savait qu’il n’aurait sans doute jamais cherché à se faire pardonner si tout serait resté identique. Mais elle s’en fichait. Le simple fait qu’il soit venu jusqu’ici pour lui dire qu’il était désolé, le simple fait qu’il cherche à rendre les choses plus agréables entre eux lui suffisait à l’accepter. Elle se doutait bien que la vie dans le château devait être difficile maintenant. Elle comprenait facilement ce qu’il pouvait vivre. Elle pouvait voir la souffrance qu’il endurait maintenant qu’il n’était plus comme « eux ». Aussi chercha-t-elle à lui montrer que, malgré tout, il n’était pas seul. Elle avait elle-même eut besoin de personnes proches d’elle pour ne pas se sentir seule. Elle lui présenta donc Mr Chiffon mais Maël préféra largement Mr Balai. La blonde le lui présenta en le lui glissant dans les mains et l’emmena jusqu’au centre de la pièce. Elle sentit la réticence du jeune homme aussi ne chercha-t-elle pas à le brusquer. Elle fit des pas courts et prit son temps pour le mener jusqu’au centre. Elle le poussa alors à lui montrer ses dons avec un balai et se permit même à rire de sa réponse. « Et bien justement, apprends à faire le ménage avec et après, tu seras incollable sur l’utilisation d’un balai ! » La musique changea alors pour laisser place à une chanson que Norine appréciait énormément. Et apparemment, Maël aussi puisqu’il commença taper du pied et se mettre à chanter en utilisant le balai comme micro. Oui, il savait vraiment tout sur les balais. Norine rit de nouveau en l’entendant. Il faut dire que ce n’était pas le meilleur chanteur qu’on puisse trouver mais il semblait n’en avoir rien à faire. Un sourire apparut sur les lèvres de la jeune fille qui trouva qu’il se débrouillait quand même drôlement bien malgré son sens perdu. Elle le laissa d’abord chanter seul. Elle taper déjà du pied et des mains et sentait son corps commencer à bouger au rythme de la musique. Le jeune homme chercha alors absolument à la faire rentrer dans son chant. Elle ne se fit pas prier. La musique était bien trop entrainante pour qu’elle reste de côté. « When i'm drivin' in my car And that man comes on the radio He's tellin' me more and more About some useless information Supposed to fire my imagination I can't get no, oh no no no Hey hey hey, that's what i say » Et oui, elle connaissait aussi le couplet. Enfin c’était bien le seul couplet qu’elle connaissait de la chanson. Après, elle n’arrivait pas à retenir. Le refrain était trop bien pour qu’elle ne se soucie des couplets. La demoiselle avait elle aussi attraper un balai et elle s’était mise à balayer au rythme de la musique. Les poils drus du balai faisait donc un bruit qui, en rythme, donnait un plus à la musique. Contente de sa trouvaille, elle lança un regard vers le jeune homme. « A notre tour de faire de la musique ! » Le son du balai contre le sol se fit alors plus présent et devint aussi entrainant que Satisfaction lui-même. « Allez Maël, musique ! »
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Sujet: Re: Dis-moi qui tu es... Sam 18 Fév - 0:31
Je me sentais bien avec elle. Plus les minutes passaient, plus je m’en rendais compte. Elle me faisait oublier mon handicap, elle me faisait oublier qui j’étais aux yeux des sorciers. Une bouffée d’air. Est-ce qu’elle sourirait pendant que je chantais ? Ou plutôt pendant que je massacrais cette chanson ? J’aurais aimé voir son visage. Vraiment. Mais c’était parce que j’étais devenu aveugle que j’avais décidé de venir lui présenter mes excuses. Avec la vue je l’aurais traité comme je l’avais toujours fait depuis qu’elle était à Poudlard. Avec la vue je ne me serais jamais rendu compte à quelle point c’était une personne très intéressante, et amusante. J’aurais tant aimé la voir. Mais rester face à un écran noir était la condition pour faire sa connaissance. Peut-être. J’avais réellement changé en perdant mes yeux. Je n’aurais jamais pensé de la sorte, et agis comme ça avec Norine. Ce n’était peut-être pas un si grand malheur que ça cet accident dans le Poudlard Express. J’avais toujours cru au Destin. Que rien ne se produisait par hasard. Le hasard était une croyance moldu pour expliquer ce qu’ils ne connaissaient pas, ce qu’ils ne voyaient pas : la magie. Si j’avais perdu la vue c’était probablement pour une certaine raison. Mais bon ! N’allons pas en faire trop vite des conclusions. Je n’allais pas non plus pardonner à ce troll de Gédéon de m’avoir rendu aveugle. Mon destin aurait certainement été meilleur avec la vue ! Ça, c’en était une certitude. Avec la vue, mon destin aurait été meilleur. Aussi bon que celui de chaque membre de ma famille. Sauf Hadrien Rookwood. Finir dans la bibliothèque de Poudlard, il y a plus glorieux pour un Rookwood. Je ne l’entendais pas, jusqu’à ce qu’elle se joigne a moi. Sa voix était bien plus juste que la mienne. Elle avait des heures d’entrainements derrière elle aussi. Devant faire la cuisine et le ménage toute la journée, elle devait certainement passer sa journée à chanter. Alors que moi : seulement quelques minutes sous la douche, une fois par jour. Et encore ! Depuis la rentrée j’avais perdu l’envie de chanter sous la douche. Je l’avais laissé chanter la suite. Elle frottait le sol avec le balai. Le frottement du balai sur les pierres me laissait imaginer la poussière volant autour. Elle avait le rythme dans la peau ! Ce qui n’était pas mon cas. Moi j’avais le Quidditch dans la peau. « A notre tour de faire de la musique ! » Je la suivais, faisant frotter mon balai sur le sol. C’était une première pour moi d’utiliser le balai de la sorte. Je n’étais pas aussi ému que lors de mon premier vol. Là je ne volais pas, je faisais voler la poussière. Légère différence qui m’avait laissé impassible à cette saleté se décollant du sol, et ce balai frottant le sol en rythme. « Allez Maël, musique ! » J’ai arrêté de frotter le sol avec mon balai, presque aussi instantanément que ces paroles. Elle avait prononcé mon prénom. C’était la première fois qu’elle le disait. Bon en même temps ce n’était pas anormal, puisque les gens qui me détestaient m’appelaient par mon nom de famille. Le prénom étant plus intime, le nom mettait une distance entre deux individus. Elle avait donc abandonné la distance qu’elle avait mise avec moi pour laisser plus de place à l’intimité, ou du moins à une relation plus proche. J’avais du mal à y croire. J’avais envie de lui demander de répéter, mais j’avais peur qu’elle se rétracte. Ça me faisait plaisir, et ça me touchait. Il suffisait d’un mot, un mot pour que tout change. J’avais changé à cause d’un mot, un sortilège prononcé. J’avais changé envers elle en prononçant un mot : une excuse. Elle venait de changer face à moi, en un mot : mon prénom. C’était si agréable de l’avoir entendu prononcer mon prénom que j’en étais resté immobile. Elle l’avait remarqué, c’était évident, tout comme mon sourire qui ne pouvait s’enlever de mon visage. « Tu es vraiment une fille pleine de surprise. Dommage que j’ai mis tant de temps à m’en rendre compte. » Même si elle ne l’avait pas dit clairement, je le ressentais : elle ne me craignait plus et pouvait me faire confiance, penser que j’avais changé. Il en aura fallut du temps. Du temps pour que je comprenne ce que c’est d’être différent, de comprendre sa différence, d’accepter la mienne. Du temps pour qu’elle ne se méfie plus de moi. Et il me faudrait certainement autant de temps que tout cela pour expliquer où j’étais si je tardais trop à retourner dans ma salle commune. Le temps passait, courait, sous mes yeux, ne pouvant voir les minutes défiler, s’éclipser discrètement. Je n’avais pas vu le temps passer, c’était une certitude, puisque je ne voyais rien d’autre. Mais j’avais appris à ressentir le temps qui passe. Chose complètement abstraite, je dois le reconnaitre, mais c’était un truc de non-voyant. J’aurais aimé rester plus longtemps en sa compagnie, mais si je ne voulais pas tomber nez-à-nez avec Deidre, je ne devais plus trop trainer. « Je vais devoir y aller. J’ignore quelle heure il est, mais je sens que le temps est passé vite, plus vite que d’habitude. Et si je ne rentre pas rapidement, je risque d’avoir des problèmes. Je ne t’évite pas, au cas où tu te poserais la question. J’évite juste Deidre. Pas envie d’avoir des ennuis. Surtout après une si bonne soirée passé avec toi. » J’avais peut-être trop parlé. C’était la vie normale qui revenait au galop, me cognant en pleine figure. Le stresse de traverser les couloirs inondés de regards jugeurs et paroles venimeuses. Passer une soirée avec Norine avait été comme être dans une bulle quelques heures. Ne plus se soucier de ce qu’il se passait autour, juste penser à elle, et à moi. « On se revoit bientôt de toutes façons. Tu ne te défiles pas j’espère ? La prochaine fois, on passe une soirée dans le noir. » Dit comme ça, après réflexion, ça pouvait sembler ambigüe. « Enfin, comme moi, sans la vue quoi … » J’essayais de me rattraper. J’avais alors l’image en tête qu’elle aurait pu se faire de moi avec de telles paroles : un mec uniquement intéressé par ses pulsions masculines, ne voulant faire d’elle qu’un hors d’œuvre parmi tant d’autres. Ce n’était pas du tout ça. Je n’étais pas un coureur de jupon, je ne l’avais jamais été ! Espérons qu’elle n’ait pas l’esprit mal tourné. Je ne voulais pas tout gâcher, pas après cette soirée où j’avais réussi à me faire pardonner, et approcher Norine Peters.